Podcast Retraite Épisode 15

On me pousse vers la sortie à 58 ans : je fais quoi ?

Licenciement, rupture conventionnelle, chômage senior : vos droits et votre stratégie

Vous avez 57, 58 ou 60 ans. On vous propose une rupture conventionnelle, ou on vous met la pression pour partir. Ne signez rien sans avoir lu cet article.

Indemnités, durée du chômage, zone grise, négociation : tout ce que vous devez savoir avant de décider.

Ce que vous allez apprendre

Les 3 façons de partir avant la retraite, le calcul des indemnités, la durée du chômage senior, la zone grise à éviter, et la stratégie de négociation.

Une erreur de calendrier peut vous coûter des années de revenus. Faites vos calculs avant de signer.

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Podcast Retraite
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Les 3 façons de partir avant la retraite

Licenciement Rupture conventionnelle Mise à la retraite

1. Le licenciement

Votre employeur met fin à votre contrat licenciement économique ou pour un autre motif. Vous n'avez pas vraiment le choix. Vous partez.

2. La rupture conventionnelle

C'est un accord entre vous et votre employeur. Vous négociez, vous signez, vous partez. C'est la situation la plus fréquente pour les seniors.

3. La mise à la retraite

C'est votre employeur qui décide de vous mettre à la retraite. Mais attention : il ne peut le faire qu'à partir de vos 70 ans. Avant, il doit vous demander votre accord. Si vous refusez, il ne peut pas vous forcer.

Ne confondez pas

Si vous avez moins de 70 ans et qu'on vous parle de « mise à la retraite », c'est probablement une rupture conventionnelle déguisée. Ce n'est pas la même chose.

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Les indemnités : qui touche quoi ?

Calcul détaillé Négociation possible

En cas de licenciement

Vous avez droit à l'indemnité légale de licenciement : 1/4 de mois de salaire par année d'ancienneté pour les 10 premières années, puis 1/3 de mois par année au-delà.

Exemple concret

20 ans d'ancienneté, salaire de 3 000 € brut :
10 ans × 750 € + 10 ans × 1 000 € = 17 500 €
Votre convention collective peut prévoir mieux. Vérifiez.

En cas de rupture conventionnelle

L'indemnité minimale est la même que l'indemnité de licenciement. Mais vous pouvez négocier bien plus. Si votre employeur veut vraiment que vous partiez, il peut mettre sur la table 6, 12, voire 18 mois de salaire selon le contexte et le rapport de force.

En cas de mise à la retraite par l'employeur

L'indemnité est généralement équivalente à l'indemnité de licenciement. Depuis le 1er janvier 2026, le forfait social pour l'employeur est passé de 30 % à 40 %, ce qui rend ce dispositif plus coûteux pour l'entreprise.

Et les impôts ?

L'indemnité de licenciement et de rupture conventionnelle est exonérée d'impôt dans certaines limites. Au-delà d'un certain plafond, vous serez imposé. Faites vos calculs avant de signer.

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Le chômage après 55 ans : durée, maintien et zone grise

27 à 36 mois Zone grise à éviter

La durée d'indemnisation

Âge à la fin du contrat Durée maximale d'indemnisation
55 ans ou plus Jusqu'à 27 mois
57 ans ou plus Jusqu'à 36 mois (3 ans)
Sous réserve

Ces durées dépendent de la date de fin de contrat, des règles Unédic en vigueur et des conditions d'affiliation. Elles ont été révisées ces dernières années. La règle : 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé, dans la limite des plafonds.

Le maintien des droits jusqu'à la retraite

Il existe un dispositif qui permet de prolonger vos allocations chômage jusqu'à la retraite. Pour en bénéficier, vous devez remplir toutes ces conditions :

  • Vous avez au moins l'âge minimum légal de la retraite (entre 62 et 64 ans en fonction de votre année de naissance) et vous n'avez pas le nombre de trimestres pour une retraite à taux plein
  • Vous êtes en cours d'indemnisation depuis un an au moins au titre de l'allocation ARE (360 jours indemnisés)
  • Vous justifiez de 12 ans d'affiliation au régime d'assurance chômage ou de périodes assimilées
  • Vous justifiez d'une période d'emploi de un an continu ou de deux ans discontinus dans une ou plusieurs entreprises au cours des cinq années précédant la fin de contrat de travail prise en compte pour l'ouverture de droits
  • Vous justifiez de 100 trimestres validés par l'Assurance vieillesse

Pour plus d'informations, consultez la page France Travail dédiée.


⚠️ La « zone grise » : le piège à éviter absolument

Si vous partez trop tôt par exemple à 56 ans et que vous épuisez vos droits à 59 ans, vous pouvez vous retrouver sans rien pendant plusieurs années. Ni salaire, ni chômage, ni retraite.

La zone grise, c'est dramatique

Avant d'accepter une rupture conventionnelle, faites le calcul :
👉 À quel âge se terminent mes allocations ?
👉 À quel âge je peux partir en retraite ?
👉 Est-ce que ça colle ?

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Le départ volontaire : démission, plan social, rupture à votre initiative

Risques élevés Options alternatives

La démission : le scénario le plus risqué

Si vous démissionnez, vous n'avez pas droit au chômage (sauf exceptions très rares). Démissionner à 58 ans pour « prendre du temps pour soi », c'est se retrouver sans salaire, sans allocation et sans retraite pendant des années.

Ne démissionnez jamais par frustration

Si votre employeur refuse une rupture conventionnelle et que vous démissionnez, vous perdez tout : indemnités, chômage, et potentiellement des trimestres de retraite.

Le plan de départs volontaires

Si votre entreprise propose un plan social, vous pouvez vous porter candidat. Vous partez avec une indemnité et vous avez droit au chômage. C'est souvent une bonne option si les conditions sont avantageuses.

La rupture conventionnelle à votre initiative

Vous pouvez demander une rupture conventionnelle à votre employeur. S'il accepte, vous partez avec une indemnité et le chômage. Mais s'il refuse, vous ne pouvez pas le forcer.

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Accepter ou négocier : la stratégie en 3 questions

Comparer les scénarios Leviers de négociation

On vous propose une rupture conventionnelle. Qu'est-ce que vous faites ? Répondez à ces 3 questions avant de décider.

Question 1 : Est-ce que j'ai intérêt à partir ?

Faites le calcul :

Scénario Ce que vous touchez
Partir maintenant Indemnité + allocations chômage (27-36 mois) + pension avec éventuelle décote
Rester jusqu'à la retraite Salaire continu + pas de trou + pension sans décote (ou moindre)

Parfois, rester 2 ans de plus vous rapporte davantage qu'une grosse indemnité.

Question 2 : Qu'est-ce que je peux négocier ?

Si votre employeur veut vraiment vous faire partir, vous avez du pouvoir. Vous pouvez négocier :

Leviers de négociation

Le montant de l'indemnité souvent le premier levier
La date de départ pour optimiser vos droits au chômage
Le maintien de la mutuelle important pour les seniors
Un outplacement ou une formation
Une dispense de préavis payée

Question 3 : Est-ce que j'ai besoin d'aide ?

Oui. Ne signez jamais une rupture conventionnelle sans avoir fait vos calculs. Faites-vous accompagner par un avocat, un conseiller France Travail, ou un expert retraite.

Le point crucial

Une erreur de quelques mois sur la date de départ peut vous coûter des années de revenus. Ne décidez pas sous la pression.

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Ce qu'il faut retenir : ne signez rien sans réfléchir

Checklist Protection

Si on vous pousse vers la sortie avant la retraite, ne paniquez pas. Mais ne signez rien sans réfléchir.

Votre checklist avant de signer

1
Calculez vos indemnités légales et conventionnelles
2
Vérifiez vos droits au chômage durée d'indemnisation selon votre âge
3
Vérifiez la cohérence fin de chômage vs. début de retraite. Pas de zone grise ?
4
Simulez l'impact sur votre pension décote, trimestres manquants, SAM
5
Négociez votre employeur veut que vous partiez ? Très bien. Mais à vos conditions.
Le vrai danger

Le vrai risque n'est pas de quitter l'entreprise. C'est de le faire au mauvais moment, sans avoir vérifié la cohérence entre indemnités, chômage et retraite.

Épisode 14 Les trous de carrière Épisode 16 Partir plus tôt ou tenir jusqu'au bout ?

On vous propose de partir ? Ne restez pas seul.

Bilan de carrière, simulation de l'impact sur votre pension, vérification de la cohérence chômage-retraite.