Étape 2 sur 5

Vérifier ma situation

S'assurer que vos droits sont bien enregistrés

Votre relevé de carrière est le reflet officiel de vos droits à la retraite. C'est sur ce document que sera calculée votre pension.

Problème : ce relevé peut contenir des erreurs, des oublis ou des approximations. Périodes manquantes, employeurs non déclarés, montants erronés... Ces anomalies peuvent vous coûter cher si elles ne sont pas corrigées à temps.

11 fiches • 179 min de lecture
Objectif de cette étape

Ce que vous allez apprendre

Savoir lire et interpréter votre relevé de carrière. Comprendre ce qui est normal et ce qui doit alerter.

Identifier les situations à risque : temps partiel, chômage, changements de statut, périodes à l'étranger...

À la fin de cette étape, vous saurez si votre relevé mérite une vérification approfondie, et où regarder en priorité.

Les fiches de cette étape : "Vérifier"

Vérifier ma situation retraite (vue d'ensemble)

Vérifier 18 min
Finalité de la fiche

Vérifier sa situation retraite ne consiste pas à calculer un montant ni à choisir une date de départ. Il s'agit d'un contrôle de cohérence : vérifier que ce que montrent les relevés correspond bien à la réalité de la carrière et aux règles applicables selon les régimes concernés.

Question centrale : Est-ce que ma situation retraite est lisible, cohérente et exploitable, ou présente-t-elle des zones de fragilité ?

1. Ce que signifie réellement vérifier sa situation retraite

Vérifier sa situation retraite, c'est mettre en regard :

  • Les informations figurant sur les relevés de carrière et de points,
  • Avec les règles propres à chaque régime,
  • En tenant compte du parcours professionnel réel.

Il ne s'agit pas encore de rechercher une exactitude parfaite, mais d'identifier si les données disponibles permettent de comprendre la trajectoire globale et d'anticiper sans risque majeur.

Les documents de référence à collecter
Document Contenu Où l'obtenir
RIS
(Relevé de Situation Individuelle)
Synthèse inter-régimes : trimestres base + points complémentaires de tous les régimes info-retraite.fr ou lassuranceretraite.fr
Envoi auto à 35, 40, 45, 50 ans
EIG
(Estimation Indicative Globale)
Estimation du montant de pension selon différents âges de départ info-retraite.fr
Envoi auto à 55, 60 ans puis tous les 5 ans
RAP
(Relevé Annuel de Points)
Détail des points Agirc-Arrco par année (cotisés et non cotisés) agirc-arrco.fr
Espace personnel
Relevé de carrière
régime par régime
Détail année par année d'un régime spécifique Site de chaque caisse (CNAV, MSA, IRCANTEC...)

2. Identifier les régimes réellement concernés par la carrière

Toute vérification commence par une question : de quels régimes relève réellement ma carrière ?

Selon les périodes, un assuré peut avoir été affilié :

  • À un régime salarié (régime général CNAV + Agirc-Arrco)
  • À un régime d'indépendant (ex-RSI, SSI + RCI)
  • À une caisse de profession libérale (CNAVPL + caisse de section)
  • À un régime de fonctionnaire (SRE, CNRACL + RAFP)
  • À un régime agricole (MSA salariés ou non-salariés)
  • À plusieurs régimes successifs ou simultanément (pluriactivité)
Schéma : Principaux couples base + complémentaire
Statut Régime de base Régime complémentaire
Salarié du privé CNAV (trimestres) Agirc-Arrco (points)
Salarié agricole MSA salariés (trimestres) Agirc-Arrco (points)
Artisan/commerçant SSI (trimestres) RCI (points)
Profession libérale CNAVPL (points) Caisse de section (points)
Fonctionnaire État SRE (trimestres) RAFP (points)
Fonctionnaire territorial/hospitalier CNRACL (trimestres) RAFP (points)
Agent contractuel public CNAV (trimestres) IRCANTEC (points)

3. Vérifier la cohérence des données dans les régimes de base

Pour les régimes de base, la vérification porte d'abord sur la continuité logique de la carrière. Il s'agit d'observer si les années d'activité apparaissent bien, les revenus correspondent globalement aux périodes travaillées, et les trimestres validés semblent cohérents avec ces revenus.

Rappel des règles de validation des trimestres (salariés)
Année Seuil 1 trimestre Base de calcul
2024 1 747,50 € 150 × SMIC horaire brut 11,65 €
2025 1 782 € 150 × SMIC horaire brut 11,88 €
2026 1 803 € 150 × SMIC horaire brut 12,02 €
Maximum par an : 4 trimestres (quelle que soit la durée travaillée)
Points de vigilance sur le relevé de base
  • Une année avec moins de 4 trimestres n'est pas forcément une erreur (revenus insuffisants)
  • Une activité à temps réduit peut valider 4 trimestres si le seuil annuel est atteint
  • Les périodes de transition professionnelle peuvent expliquer des ruptures apparentes
  • Les salaires reportés doivent correspondre globalement aux bulletins de paie
À ce stade

On ne tranche pas. On cherche à comprendre si ce qui apparaît est compatible avec la réalité vécue.

4. Vérifier la cohérence dans les régimes complémentaires

La logique des régimes complémentaires est différente : on n'y raisonne pas en trimestres, mais en points. La vérification consiste à apprécier la présence régulière de points en lien avec l'activité.

Éléments à vérifier sur le RAP (Relevé Annuel de Points) Agirc-Arrco
  • Présence de points pour chaque année d'activité salariée
  • Distinction entre points cotisés et points gratuits (maladie, chômage, maternité)
  • Cohérence entre le volume de points et le niveau de salaire
  • Années manquantes qui pourraient correspondre à des changements de régime
Règles d'attribution de points pour périodes non travaillées (Agirc-Arrco)
Période Condition d'attribution Calcul des points
Maladie / Accident Arrêt > 60 jours consécutifs + IJ Base = points année N-1*
Maternité Arrêt > 60 jours consécutifs + IJ maternité Base = points année N-1*
Invalidité Perception pension invalidité cat. 1, 2 ou 3 Base = points année N-1*
Chômage indemnisé ARE, ASP, ASS sous conditions Base = Salaire Journalier de Référence

* dans la limite du plafonnement

Principe

L'absence de points n'est pas, en soi, un dysfonctionnement. Elle peut résulter de seuils non atteints, d'exonérations, ou de périodes sans affiliation effective au régime complémentaire.

5. Examiner attentivement les périodes particulières

Les périodes de chômage, de maladie, de maternité ou de temps partiel constituent souvent des zones sensibles du relevé. Ces périodes peuvent produire des trimestres sans produire de points, apparaître partiellement, ou ne pas être visibles immédiatement.

Règles de validation des trimestres assimilés (régime de base)
Période Règle de validation Observations
Chômage indemnisé 50 jours = 1 trimestre Max 4/an
Chômage non indemnisé 50 jours = 1 trimestre
Selon conditions strictes
1ère période : max 6 trim.
Après ARE : max 1 an (5 ans si > 55 ans et 20 ans cotisés)
Maladie / AT 60 jours IJ = 1 trimestre Max 4/an. Conserver attestations IJ
Maternité 90 jours IJ = 1 trimestre Depuis 2014. + majorations enfants
Invalidité 3 mois pension = 1 trimestre Max 4/an
Service national 90 jours = 1 trimestre Max 4 trimestres. État signalétique des services requis
Attention

Ces trimestres assimilés peuvent être pris en compte comme réputés cotisés dans une certaine limite pour certains dispositifs comme la carrière longue.

6. Intégrer les périodes travaillées à l'étranger

Les droits acquis à l'étranger obéissent à une logique spécifique. Selon les accords internationaux applicables, certaines périodes peuvent être prises en compte pour la durée d'assurance, sans donner lieu à une pension française, et sans apparaître explicitement sur le relevé national.

À savoir

Les périodes étrangères sont prises en compte pour la durée d'assurance (taux) mais peuvent ne pas être liquidées (payées) par le régime français.

Prise en compte des périodes étrangères selon les accords
Zone / Accord Règles de coordination
UE (27 États) + EEE + Suisse Coordination totale : périodes prises en compte pour durée d'assurance et taux plein. Calcul comparé (national vs totalisation-proratisation).
Pays conventionnés (40 pays) Totalisation possible selon les termes de chaque convention bilatérale.
Liste : USA, Canada, Japon, Maroc, Tunisie, etc.
Pays non conventionnés Pas de prise en compte par la France (sauf avant 31/03/1983 : périodes équivalentes).
Possibilité d'assurance volontaire CFE.
Principe

L'absence de périodes étrangères sur le relevé français n'est pas nécessairement anormale. En revanche, leur impact potentiel doit être identifié dans l'analyse globale.

7. Apprécier la cohérence d'ensemble de la carrière

Une fois chaque bloc examiné, la vérification prend une dimension globale.

Questions à se poser :

  • L'enchaînement des statuts est-il logique ?
  • Les ruptures de carrière sont-elles explicables ?
  • Les droits semblent-ils proportionnés à la durée et aux formes d'activité ?
  • Y a-t-il des zones manifestes d'incohérence ?
Schéma : Processus de vérification en 5 étapes
Étape Action Objectif
1 Collecter les documents (RIS, EIG, RAP) Disposer de la matière première
2 Identifier les régimes concernés Comprendre l'architecture de la carrière
3 Vérifier régime par régime Détecter les anomalies spécifiques
4 Croiser avec la réalité vécue Confronter les données aux faits
5 Qualifier la situation globale Déterminer le niveau de risque

8. Trois situations possibles à l'issue de la vérification

SITUATION COHÉRENTE

Les données sont lisibles et compatibles avec les règles connues. Aucune anomalie majeure détectée.

→ Possibilité de passer aux étapes suivantes (projection, optimisation).

SITUATION INCERTAINE

Certaines zones nécessitent une analyse ciblée ou des éclaircissements. Des justificatifs complémentaires peuvent être requis.

→ Prudence avant toute projection.

SITUATION À RISQUE

Des incohérences significatives justifient un approfondissement avant toute projection. Correction nécessaire auprès des caisses.

→ Impact potentiel sur les droits.

Important

Cette qualification n'entraîne encore aucune décision. Elle permet de savoir s'il est possible d'anticiper en sécurité, ou s'il faut d'abord sécuriser les données.

9. Ce qu'il faut retenir

Vérifier sa situation retraite, c'est :

  • Sécuriser la base juridique avant toute anticipation
  • Comprendre ce qui est normal et ce qui ne l'est pas
  • Éviter de tirer des conclusions hâtives à partir de données partielles
  • Identifier les zones de fragilité avant qu'elles ne deviennent des obstacles

Tant que cette étape n'est pas franchie, toute projection reste fragile.

Vérifier n'est pas calculer. C'est s'assurer que les fondations sont solides avant de construire une stratégie.

Sources et références

Sites officiels :

Comment sont comptabilisés les trimestres pour la retraite ?

Vérifier 16 min
Pourquoi cette fiche est essentielle

En matière de retraite, le mot « trimestre » n'a de valeur que par ce qui l'accompagne. Un trimestre n'est jamais neutre : il est toujours qualifié juridiquement.

Ce n'est pas seulement le nombre de trimestres qui compte, mais leur nature.

Deux assurés avec le même nombre de trimestres peuvent avoir des droits différents parce que la nature de leurs trimestres n'est pas la même.

En grammaire

« une voiture rouge »

L'adjectif change tout.

En retraite

« un trimestre cotisé »

Le qualificatif change tout.

Le principe commun à tous les statuts

Quelle que soit votre situation professionnelle (salarié, indépendant ou profession libérale) le mécanisme de base est le même :

Le mécanisme de validation des trimestres
REVENUS → COTISATIONS → TRIMESTRES
(soumis à cotisations vieillesse) → (versées) → (validés, max 4/an)
Les trois règles
1 Les trimestres sont validés sur la base de revenus soumis à cotisations vieillesse
2 La limite est de 4 trimestres maximum par an, quel que soit le statut
3 La durée d'assurance requise dépend de l'année de naissance, pas du statut
Attention

Si le principe est identique, la manière de valider les trimestres varie selon le statut. C'est là que les différences et les surprises apparaissent.

Le seuil de validation d'un trimestre

Pour valider un trimestre, il faut avoir perçu un certain niveau de revenus soumis à cotisations. Ce seuil est exprimé en multiple du SMIC horaire brut.

L'idée clé

L'argent ne fait pas le bonheur, mais il fait le trimestre.

On ne valide pas un trimestre en travaillant 3 mois calendaires, mais en cotisant sur la base d'un salaire minimum.

Repère année 2026
150 × SMIC horaire brut = 1 trimestre cotisé
Soit environ 1 803 € brut pour valider 1 trimestre
Tableau récapitulatif
Trimestres à valider Multiple du SMIC Revenu brut requis (2026)
1 trimestre 150 × SMIC ≈ 1 803 €
2 trimestres 300 × SMIC ≈ 3 606 €
3 trimestres 450 × SMIC ≈ 5 409 €
4 trimestres (max) 600 × SMIC ≈ 7 212 €

Ces seuils s'appliquent aux salariés et indépendants du régime général ; pour SSI (artisans/commerçants), les seuils sont distincts.

Exemple concret

Un saisonnier qui gagne 7 500 € en 4 mois valide ses 4 trimestres pour l'année entière, même s'il ne travaille plus ensuite.

À noter

Atteindre ce seuil permet de valider un trimestre, mais ne préjuge pas de son qualificatif. Un trimestre validé peut être cotisé, assimilé ou réputé cotisé et cette distinction a des conséquences concrètes.

Les différentes catégories de trimestres

C'est le cœur du sujet. Tous les trimestres sont des « trimestres validés », mais ils n'ont pas tous la même portée juridique.

Schéma : La hiérarchie des trimestres
TRIMESTRES VALIDÉS
(terme générique englobant)
TRIMESTRES COTISÉS
(les + solides)
TRIMESTRES ASSIMILÉS
(sans cotisation)
RÉPUTÉS COTISÉS
(cas précis)
Trimestre cotisé

C'est le trimestre « de référence », celui qui repose sur une activité effective avec versement de cotisations vieillesse. Ce sont les trimestres les plus solides juridiquement.

Exemples de trimestres cotisés
  • Activité salariée avec revenus suffisants
  • Activité indépendante avec revenu professionnel déclaré
  • Activité libérale avec assiette permettant la validation
Trimestre assimilé

C'est un trimestre attribué sans cotisation directe, mais reconnu par la loi comme période ouvrant droit à retraite. Ils sont validés, mais pas toujours utilisables pour tous les dispositifs.

Exemples de trimestres assimilés
  • Chômage indemnisé
  • Arrêt maladie (indemnités journalières)
  • Congé maternité
  • Période d'invalidité
Trimestre réputé cotisé

C'est ici que tout se joue. Certains trimestres assimilés bénéficient, dans des cas précis, du traitement juridique d'un trimestre cotisé. L'objectif : permettre l'accès à certains dispositifs spécifiques, notamment la retraite anticipée pour carrière longue.

Exemples de périodes donnant des trimestres réputés cotisés
  • Service national
  • Maladie / AT-MP
  • Chômage indemnisé
  • AVPF / AVA
  • Invalidité
  • Pénibilité
  • Indemnité maternité
  • Certains rachats
  • Périodes de cotisations payées par l'État (stagiaire formation pro, apprenti)
  • Périodes validées par présomption
  • Trimestres à l'étranger indiqués sur le formulaire de liaison
Attention - Plafonnement RACL

Pour certains dispositifs (Retraite Anticipée pour Carrière Longue - RACL), les trimestres « gratuits » (assimilés) sont plafonnés (ex : 4 trimestres de chômage maximum sur toute la carrière pour la RACL).

Attention

Tous les trimestres assimilés ne sont pas réputés cotisés. Et tous les dispositifs n'acceptent pas les mêmes catégories. C'est une source majeure de confusion.

Trimestre validé (terme générique)

C'est le terme englobant. Tous les trimestres ci-dessus sont des « trimestres validés ». Mais attention : tous les trimestres validés n'ont pas la même portée juridique, et tous ne sont pas retenus de la même manière au moment des calculs.

Salariés, TNS, professions libérales : ce qui change vraiment

Le principe de validation par les revenus est commun à tous. Mais les modalités concrètes diffèrent, et ces différences créent des situations très contrastées.

SALARIÉ INDÉPENDANT (SSI) PROFESSION LIBÉRALE
Base de calcul Revenus soumis à cotisations Revenu professionnel déclaré Revenus d'activité libérale
Particularité Peu importe le nombre d'employeurs Faibles revenus = moins de 4 trim./an Règles distinctes du salariat
Vigilance Temps partiel, périodes courtes, alternance Années de lancement, revenus irréguliers Débuts d'activité, carrières mixtes
Piège fréquent Travailler toute l'année ≠ 4 trimestres automatiques Activité continue ≠ 4 trimestres garantis Cotiser ≠ valider autant qu'on le pense
Le statut n'exonère jamais de la vérification

Quel que soit votre statut, la vérification de vos trimestres reste indispensable.

Ce qui crée le plus d'erreurs d'interprétation

Certaines situations sont particulièrement propices aux mauvaises surprises. Un relevé peut être juste techniquement… mais trompeur dans son interprétation.

Changement de statut

Salarié → indépendant → libéral

Périodes à faibles revenus

Validation partielle possible

Cumul d'activités

Règles de coordination complexes

Périodes à l'étranger

Reconnaissance variable

Trimestres affichés vs retenus

Le relevé ne dit pas tout

Débuts de carrière

Souvent sous-cotisés

Comment utiliser cette fiche pour vérifier mon relevé de carrière ?

Cette fiche ne sert pas uniquement à comprendre ce qu'est un trimestre au sens juridique. Elle a vocation à être utilisée comme un outil de lecture active du relevé de carrière.

Concrètement, elle permet d'analyser le nombre de trimestres affichés en distinguant ce qui relève :

  • de l'activité réellement cotisée,
  • des périodes reconnues sans cotisation directe,
  • et des trimestres qui, bien que valables juridiquement, n'ont pas la même portée selon les dispositifs.

Lors de la lecture du relevé, il convient donc de ne pas s'arrêter au total de trimestres, mais de s'interroger sur leur nature. Deux carrières peuvent afficher le même nombre de trimestres tout en ouvrant des droits différents.

Objectif à ce stade

L'objectif n'est pas de corriger, mais d'identifier les zones où la qualification des trimestres mérite une attention particulière.

Ce que la nature des trimestres permet… ou ne permet pas juridiquement

Tous les trimestres validés concourent à la durée d'assurance, mais ils n'ont pas tous les mêmes effets juridiques.

Certains dispositifs de retraite exigent des trimestres cotisés ou réputés cotisés, et excluent tout ou partie des trimestres assimilés. C'est notamment le cas pour l'accès à certains départs anticipés.

À l'inverse, pour d'autres mécanismes, seule la durée d'assurance globale est prise en compte, indépendamment de la nature précise des trimestres.

Les périodes accomplies à l'étranger doivent également être analysées avec prudence. Selon les accords internationaux applicables, elles peuvent être prises en compte pour apprécier la durée d'assurance requise, sans pour autant produire de trimestres français.

Comprendre la nature des trimestres permet d'éviter deux erreurs fréquentes
  1. Croire que tous les trimestres se valent juridiquement
  2. Ou, à l'inverse, considérer à tort que certaines périodes « ne comptent pas »

Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels
  • Tous les trimestres sont des trimestres validés
  • Mais le qualificatif change la portée juridique
  • Deux assurés avec le même nombre de trimestres peuvent avoir des droits différents parce que la nature de leurs trimestres n'est pas la même

Sources et références

Sites officiels :

Comment sont comptabilisés mes points de retraite ?

Vérifier 18 min
Finalité de la fiche

Cette fiche a pour objectif de vous permettre de vérifier la cohérence de vos droits à partir des points inscrits sur vos relevés.

Leur comptabilisation dépend de l'affiliation effective, des cotisations réellement versées et des règles propres à chaque caisse.

1. Ce que représente un point de retraite

Un point de retraite est une unité de droits, acquise en contrepartie de cotisations. Il ne correspond ni à un trimestre, ni à un euro, ni à une durée d'activité.

Chaque régime fonctionnant par points fixe :

  • Un prix d'achat du point (ou salaire de référence) : montant de cotisation nécessaire pour acquérir un point
  • Une valeur de service du point : montant que rapporte chaque point au moment de la retraite
  • Des règles d'acquisition spécifiques selon le régime
Schéma : Le mécanisme du point de retraite
PENDANT LA CARRIÈRE ACQUISITION À LA RETRAITE
Cotisations versées
(part salariale + patronale)
Cotisations / Prix d'achat
= Nombre de points
Points × Taux × Valeur de service
= Pension annuelle
Attention

Tant que la retraite n'est pas liquidée, les points représentent un droit potentiel, susceptible d'évoluer (revalorisation annuelle des valeurs).

2. Comment les points sont-ils acquis concrètement ?

Les points sont acquis par le versement de cotisations calculées sur une assiette définie par le régime. Le nombre de points acquis dépend donc du revenu ou salaire soumis à cotisation, des taux applicables et du prix d'achat du point.

Formule de calcul des points (Agirc-Arrco)
Nombre de points = Assiette de cotisation × Taux contractuel / Prix d'achat du point
Valeurs Agirc-Arrco 2026
Paramètre Valeur 2026
Prix d'achat du point (salaire de référence) 20,1877 €
Valeur de service du point 1,4386 €
Taux d'appel 127%
Taux de cotisation Agirc-Arrco 2026
Tranche Taux appelé Taux contractuel Assiette
Tranche 1 (T1) 7,87% 6,20% 0 - 1 PMSS
Tranche 2 (T2) 21,59% 17,00% 1 - 8 PMSS
Exemple de calcul pour un salaire de 35 000 € brut annuel en 2025
Salaire brut annuel 35 000 € (inférieur à 1 PMSS = 48 060 €)
Taux contractuel T1 6,20%
Cotisations génératrices de droits 35 000 × 6,20% = 2 170 €
Prix d'achat du point 20,1877 €
Points acquis : 2 170 / 20,1877 = 107,49 points

3. Vérifier la cohérence des points entre les régimes

Par exemple, dans les régimes complémentaires des salariés, la vérification consiste à apprécier la cohérence entre l'activité exercée et les points acquis.

Il est normal de constater :

  • Des variations de points d'une année à l'autre (liées aux variations de salaire)
  • Des années à faible acquisition en cas de temps partiel ou de bas salaire
  • Des absences de points lors de certaines périodes non cotisées
Vigilance

Une absence totale de points sur une longue période d'activité salariée doit interroger. À ce stade, il s'agit d'identifier une incohérence possible.

Points à vérifier sur le RAP (Relevé Annuel de Points)
Élément à vérifier Ce qu'il faut observer
Continuité des années Présence de points pour chaque année d'activité salariée
Nature des points Distinction entre points cotisés et points gratuits (maladie, chômage)
Cohérence volume/salaire Proportion entre le nombre de points et le niveau de rémunération
Années manquantes Vérifier si elles correspondent à des changements de régime ou de statut
Identification employeurs Correspondance avec le parcours professionnel réel

4. Vérifier les points dans les régimes des professions libérales

Pour les professions libérales, la logique est différente et souvent source de confusion. La CNAVPL (base) et les 10 sections professionnelles (complémentaire) ont chacune leurs propres règles.

Les 10 sections professionnelles de la CNAVPL
Section Professions concernées Mode de cotisation
CIPAV Architectes, ostéopathes, psychologues, moniteurs de ski... Proportionnel depuis 2023
CARPIMKO Infirmiers, kinésithérapeutes, orthophonistes, podologues Forfaitaire + proportionnel
CARMF Médecins Classes de cotisation
CARCDSF Chirurgiens-dentistes, sage-femmes Classes de cotisation
CAVP Pharmaciens Mixte (répartition + capitalisation)
CPRN Notaires Proportionnel
CAVOM Officiers ministériels, huissiers, commissaires-priseurs Classes de cotisation
CAVEC Experts-comptables, commissaires aux comptes Classes de cotisation
CARPV Vétérinaires Proportionnel
CAVAMAC Agents généraux d'assurance Proportionnel
Caractéristiques des régimes libéraux (source de confusion fréquente)
  • Les points peuvent être identiques d'une année sur l'autre malgré des revenus différents (cotisations forfaitaires ou par classes)
  • Les points peuvent être inexistants en cas de dispense, d'exonération ou de début d'activité
  • Les points peuvent être attribués avec un décalage temporel
  • La valeur du point varie d'une caisse à l'autre (non comparable)
Principe

L'absence ou la stabilité des points ne reflète pas nécessairement l'évolution réelle de l'activité. La vérification doit toujours être faite au regard des règles de la caisse concernée, et non par comparaison avec un régime salarié.

5. Les années sans points : quand est-ce normal ?

Certaines situations expliquent légitimement l'absence de points :

Situation Explication
Seuil de cotisation non atteint Revenu insuffisant pour générer des cotisations et donc des points
Exonération ou dispense temporaire Début d'activité, difficultés financières, situations sociales particulières
Affiliation tardive Adhésion au régime complémentaire postérieure au début d'activité
Changement de statut Passage salarié/indépendant ou inversement : régime différent
Périodes non soumises à cotisation Certaines périodes ne génèrent pas de droits complémentaires (voir section 6)
Activité à l'étranger Les périodes étrangères n'ouvrent pas de points en France
Principe

Une année sans point n'est pas, en soi, un dysfonctionnement. Elle peut être normale dans de nombreuses situations.

6. Points et périodes assimilées : une logique différente des trimestres

Contrairement aux trimestres du régime de base, les points de retraite complémentaire ne sont pas systématiquement attribués pour les périodes assimilées. Les règles sont plus restrictives.

Comparaison : périodes assimilées base vs complémentaire (salariés)
Période Régime de base (trimestres) Agirc-Arrco (points)
Maladie / AT 60 jours IJ = 1 trimestre Points si arrêt > 60 jours consécutifs
Maternité 90 jours = 1 trimestre Points si arrêt > 60 jours consécutifs
Invalidité 3 mois pension = 1 trimestre Points attribués sur base année N-1
Chômage indemnisé 50 jours = 1 trimestre Points via SJR France Travail
Chômage non indemnisé 50 jours = 1 trim. (sous conditions strictes) Aucun point
Service national 90 jours = 1 trimestre Aucun point (depuis 1970)
Conditions d'attribution des points pour périodes d'incapacité (Agirc-Arrco)
  • Arrêt de travail de plus de 60 jours consécutifs
  • Perception d'indemnités journalières ou de pension d'invalidité
  • Affiliation à une caisse Agirc-Arrco au moment de l'arrêt
  • Calcul des points sur la base de l'année N-1 (plafonné)
Cette dissociation est normale et structurelle

Les périodes de chômage, maladie, maternité peuvent produire des trimestres dans le régime de base, sans produire de points complémentaires, ou seulement de manière limitée.

7. Les droits acquis à l'étranger et les points

Les périodes travaillées à l'étranger n'ouvrent en principe aucun point dans les régimes complémentaires français, même lorsqu'elles sont prises en compte pour la durée d'assurance via des accords internationaux.

Situation Impact trimestres (base) Impact points (complémentaire)
Travail en UE/EEE/Suisse Pris en compte (coordination) Aucun point français
Travail en pays conventionné Pris en compte (convention) Aucun point français
Travail hors convention Non pris en compte Aucun point français
Détachement (maintien au régime français) Trimestres français Points français
Assurance volontaire CFE + Malakoff Humanis International Trimestres français Points français
Principe

L'absence de points pour les périodes à l'étranger est juridiquement normale. Seul le détachement ou l'assurance volontaire permettent d'acquérir des points français pendant une activité à l'étranger.

8. Comment utiliser cette fiche pour vérifier ses points

Méthode de vérification en 4 étapes
Étape Action Objectif
1 Repérer les années avec et sans points Identifier les zones à analyser
2 Comprendre si l'absence/faiblesse est explicable Distinguer le normal de l'anormal
3 Identifier les périodes nécessitant éclaircissement Lister les points à vérifier auprès des caisses
4 Conserver les justificatifs utiles Préparer une éventuelle régularisation

L'objectif n'est pas de recalculer les points, mais de distinguer ce qui est structurellement normal de ce qui est potentiellement incohérent.

9. Ce que la vérification des points permet... et ne permet pas

CE QUE LA VÉRIFICATION PERMET
  • Apprécier la cohérence globale des droits complémentaires
  • Éviter les erreurs d'interprétation fréquentes
  • Sécuriser les bases avant toute projection
  • Identifier les zones de fragilité
CE QU'ELLE NE PERMET PAS ENCORE
  • Déterminer un montant définitif de pension
  • Choisir une date de départ optimale
  • Décider d'une action correctrice
  • Simuler des stratégies d'optimisation

Ces étapes (montant, date, optimisation) relèvent des blocs suivants du parcours pédagogique.

10. Ce qu'il faut retenir

Les points de retraite
  • Dépendent strictement des règles du régime concerné
  • Peuvent varier fortement d'une année à l'autre (selon le salaire)
  • Ne sont pas comparables d'un régime à l'autre (valeurs différentes)
  • Ne traduisent pas toujours fidèlement l'activité exercée
  • Sont dissociés des trimestres pour les périodes assimilées

Sources et références

Sites officiels :

Est-ce que j'ai assez de trimestres pour partir à la retraite ?

Vérifier 14 min
Finalité de cette fiche

Elle vous aide à évaluer votre situation concernant le nombre de trimestres acquis tout au long de votre carrière. À la fin de cette lecture, vous saurez si vous êtes dans une situation rassurante, ou si une vérification plus approfondie est nécessaire. Elle vous donne les clés pour comprendre où vous en êtes et si vous devez creuser davantage.

Une idée reçue très répandue consiste à penser que « si j'ai travaillé toute ma vie, j'ai forcément assez de trimestres ». En réalité, la durée de travail et le nombre de trimestres validés sont deux choses différentes. Des personnes ayant travaillé pendant 40 ans peuvent, dans certains cas, ne pas avoir validé suffisamment de trimestres pour partir à taux plein.

La règle à connaître

Pour partir à la retraite avec une pension complète (ce qu'on appelle le taux plein), deux conditions doivent être réunies en même temps :

Les 2 conditions pour partir à taux plein
CONDITION 1
Atteindre l'âge légal
+
CONDITION 2
Avoir assez de trimestres
=
RÉSULTAT
Retraite à taux plein

Le nombre de trimestres requis n'est pas le même pour tout le monde : il dépend de votre année de naissance. Plus vous êtes né récemment, plus le nombre de trimestres exigé est élevé.

Alternative

Ou atteindre 67 ans, même sans avoir tous les trimestres, pour avoir le taux plein sans décote.

Tableau des trimestres requis (réforme 2023)
Année de naissance Trimestres requis Soit en années
1960 167 trimestres 41 ans et 9 mois
1961 (janv.-août) 168 trimestres 42 ans
1961 (sept.-déc.) 169 trimestres 42 ans et 3 mois
1962 169 trimestres 42 ans et 3 mois
1963 170 trimestres 42 ans et 6 mois
1964 171 trimestres 42 ans et 9 mois
1965 172 trimestres 43 ans
1966 jusqu'en 1970 172 trimestres 43 ans

Ce tableau concerne la durée d'assurance qui s'entend tous régimes confondus pour le taux plein au régime de base, sans viser les règles spécifiques de certains régimes spéciaux (État, régimes fermés).

Ce qui est rassurant

Pour la très grande majorité des actifs (salariés du privé, indépendants, professions libérales affiliés à un régime de base de type CNAV/CNAVPL), la durée d'assurance requise suit cette grille.

Ce qui complique les choses

La façon dont les trimestres sont acquis et validés varie selon votre statut (salarié, indépendant, libéral, fonction publique, etc.) et votre parcours. C'est là que les surprises arrivent.

Évolution réglementaire 2026

LFSS 2026 (art. 104) - Applicable du 1er sept. 2026 au 1er janv. 2028

Suspension partielle de la réforme 2023 : gel partiel de l'âge légal à 62 ans et 9 mois et réduction du nombre de trimestres requis pour certaines générations (170 au lieu de 171 pour les nés en 1964).

Nouveau tableau applicable à compter du 1er septembre 2026
Année de naissance Trimestres requis Âge légal
1960 167 62 ans
1961 (janv.-août) 168 62 ans
1961 (sept.-déc.) 169 62 ans et 3 mois
1962 169 62 ans et 6 mois
1963 170 62 ans et 9 mois
1964 170 62 ans et 9 mois
1965 nés jusqu'au 31 mars 170 62 ans et 9 mois
1965 nés à compter du 1er avril 171 63 ans
1966 172 63 ans et 3 mois
1967 172 63 ans et 6 mois
1968 172 63 ans et 9 mois
1969 et + 172 64 ans

Pourquoi cette question n'est jamais simple

Prenons deux personnes nées la même année, ayant commencé à travailler au même âge, avec une carrière d'apparence similaire :

MARIE
Années travaillées42 ans
StatutSalariée à temps plein
InterruptionsAucune
Trimestres validés168 trimestres

✅ Situation a priori rassurante

PAUL
Années travaillées42 ans
StatutIndépendant
RevenusVariables selon années
Trimestres validés152 trimestres

⚠️ Il manque 16 trimestres

Comment est-ce possible ?

Paul a travaillé autant d'années que Marie, mais pour certaines années, ses revenus déclarés étaient trop faibles pour valider 4 trimestres. En tant qu'indépendant, les trimestres sont calculés sur le revenu professionnel. Certaines années, il n'a validé que 2 ou 3 trimestres, voire aucun.

Ce genre de situation est fréquent pour :

  • Les indépendants avec des revenus irréguliers
  • Les professions libérales en début d'activité
  • Les salariés à temps partiel
  • Les personnes ayant connu des périodes de chômage non indemnisé
  • Les carrières avec des changements de statut

Les situations qui doivent vous alerter

Une vérification approfondie de votre relevé de carrière est fortement recommandée si vous avez connu une ou plusieurs de ces situations :

Temps partiel
sur plusieurs années

Revenus modestes
certaines années

Maladie
ou arrêt prolongé

Chômage
(indemnisé ou non)

Changements de statut
salarié ↔ indépendant ↔ libéral

Début tardif
(études longues)

Périodes à l'étranger

Important

Ces situations ne signifient pas automatiquement qu'il vous manque des trimestres. Elles indiquent simplement qu'une lecture rapide de votre relevé de carrière pourrait être trompeuse, et qu'une analyse plus fine est souhaitable.

Ce qui change selon votre statut

Le nombre de trimestres requis est le même pour tous.
Mais la façon dont ces trimestres sont acquis et validés diffère selon votre statut professionnel :

SALARIÉ INDÉPENDANT (TNS) PROFESSION LIBÉRALE
Base de validation Salaire soumis à cotisations vieillesse Revenu professionnel annuel déclaré Seuils de revenus (CNAVPL, CNBF...)
Règle Depuis 2014 :
150 × SMIC = 1 trim.
Avant 2014 :
200 × SMIC = 1 trim.
Max 4/an
Faibles revenus = parfois 0, 1, 2 ou 3 trimestres seulement Règles proches, modalités variables selon la caisse
Vigilance Temps partiel, périodes courtes, multi-employeurs Années de lancement, revenus irréguliers Débuts d'activité, carrières mixtes
Synthèse selon le statut
Statut Base de validation Seuil 2026 (pour 4 trimestres)
Salarié Salaire brut cotisé 7 212 €/an
TNS indépendant Revenu professionnel déclaré ≈ 7 212 €
Libéral (CNAVPL) Selon caisse et seuils de revenus Variable selon section

Périodes travaillées à l'étranger : ce qu'il faut vérifier

Les périodes travaillées à l'étranger obéissent à des règles particulières.

Selon les accords internationaux applicables (Union européenne ou conventions bilatérales), ces périodes peuvent être prises en compte pour apprécier la durée d'assurance nécessaire au taux plein, sans pour autant produire de trimestres français ni apparaître sur le relevé de carrière national.

En revanche, ces périodes étrangères n'ouvrent généralement aucun droit à pension française.

À retenir

L'absence de trimestres pour une période étrangère n'est donc pas nécessairement une anomalie, mais elle peut avoir un impact juridique important sur les conditions de départ.

Comment savoir où vous en êtes ?

Voici le cheminement logique pour évaluer votre situation :

Étape 1 : Avez-vous consulté votre relevé de carrière récemment ?
→ Oui → Passez à l'étape 2
→ Non → Consultez-le d'abord
Étape 2 : Le nombre de trimestres affiché correspond-il au nombre requis pour votre année de naissance ?
→ Oui, égal ou supérieur
→ Presque (il en manque quelques-uns)
→ Non, il en manque beaucoup
Étape 3 : Avez-vous connu des situations à risque (listées plus haut) ?
→ Non, carrière linéaire
→ Oui, une ou plusieurs
Étape 4 : Conclusion provisoire
→ A priori tranquille
→ À vérifier de plus près
→ Analyse recommandée
À l'issue de cette vérification, trois situations peuvent se présenter
🟢 SITUATION A PRIORI SÉCURISÉE

Le nombre et la nature des trimestres semblent compatibles avec les règles de départ.

🟠 SITUATION INCERTAINE

Le nombre de trimestres est atteint, mais leur nature ou certaines périodes nécessitent une analyse plus fine.

🔴 SITUATION À RISQUE JURIDIQUE

Le nombre de trimestres est insuffisant ou repose majoritairement sur des périodes exclues de certains dispositifs.

À noter

Cette première qualification ne constitue pas une décision, mais un point d'alerte ou de réassurance, indispensable avant toute projection ou démarche.

Attention aux trimestres assimilés

Certaines périodes peuvent être validées sur le relevé… mais pas retenues dans tous les calculs. Par exemple, des trimestres « assimilés » (chômage, maladie, maternité) comptent pour la durée d'assurance au taux plein, mais sont limités ou exclus pour certains dispositifs comme la retraite anticipée pour carrière longue. Seule une analyse de carrière complète permet de lever ces ambiguïtés.

Besoin d'un accompagnement ?

Si votre situation comporte plusieurs des signaux d'alerte mentionnés : changements de statut, périodes à l'étranger, carrière non linéaire… Une analyse de carrière personnalisée permet de sécuriser vos droits avant la demande de retraite. C'est le cœur de l'accompagnement Pédagogie Retraite.

À retenir

Savoir si l'on a assez de trimestres, ce n'est pas stresser plus tôt.
C'est éviter de découvrir trop tard.

Sources et références

Sites officiels :

Ai-je le taux plein ?

Vérifier 15 min
Finalité de cette fiche

Le taux plein est l'une des notions les plus mal comprises en matière de retraite. Beaucoup d'assurés pensent qu'il s'agit d'un seuil unique, automatique et définitif. En réalité, le taux plein est une condition juridique, qui dépend de plusieurs paramètres et dont les effets varient selon les régimes.

Cette fiche permet de vérifier si les conditions du taux plein sont réunies, pour quels régimes, et à quel titre.

1. Ce que signifie le taux plein

Avoir le taux plein signifie que la pension de retraite est calculée sans application de décote. Cela ne veut pas dire que la retraite est élevée, ni même complète au sens courant.

Exemple pour le régime général des salariés du privé

Le taux plein correspond au taux maximum de liquidation de la pension de base, soit 50% du salaire annuel moyen (SAM) dans le régime général.

Le taux plein agit uniquement sur le taux de calcul de la pension de base (50%), mais pas directement sur le montant final, et pas de la même manière sur les régimes complémentaires.

2. Les deux principales voies d'accès au taux plein

En droit de la retraite, le taux plein peut être obtenu de deux manières distinctes (hors dispositifs particuliers).

VOIE 1 : DURÉE D'ASSURANCE

Lorsque le nombre de trimestres requis pour l'année de naissance est atteint, le taux plein est accordé, quel que soit l'âge de départ (à partir de l'âge légal).

VOIE 2 : ÂGE DU TAUX PLEIN

À partir de 67 ans, le taux plein est attribué automatiquement, même en l'absence de la durée d'assurance requise.

À noter

Ces deux voies produisent le même effet sur le taux (50%), mais pas nécessairement les mêmes effets sur le montant de la pension (proratisation différente).

3. Durée d'assurance requise selon l'année de naissance

La réforme des retraites du 14 avril 2023 (loi n° 2023-270) a accéléré l'augmentation de la durée d'assurance requise pour le taux plein. Voici le tableau mis à jour :

Année de naissance Âge légal Trimestres requis
1960 et avant 62 ans 167
01/01 au 31/08/1961 62 ans 168
01/09 au 31/12/1961 62 ans et 3 mois 169
1962 62 ans et 6 mois 169
1963 62 ans et 9 mois 170
1964 63 ans 171
1965 63 ans et 3 mois 172
1966 63 ans et 6 mois 172
1967 63 ans et 9 mois 172
1968 et après 64 ans 172

Évolution réglementaire 2026

LFSS 2026 (art. 104) - Applicable du 1er sept. 2026 au 1er janv. 2028

Suspension partielle de la réforme 2023 : gel partiel de l'âge légal à 62 ans et 9 mois et réduction du nombre de trimestres requis pour certaines générations (170 au lieu de 171 pour les nés en 1964).

Nouveau tableau applicable à compter du 1er septembre 2026
Année de naissance Trimestres requis Âge légal
1960 167 62 ans
1961 (janv.-août) 168 62 ans
1961 (sept.-déc.) 169 62 ans et 3 mois
1962 169 62 ans et 6 mois
1963 170 62 ans et 9 mois
1964 170 62 ans et 9 mois
1965 nés jusqu'au 31 mars 170 62 ans et 9 mois
1965 nés à compter du 1er avril 171 63 ans
1966 172 63 ans et 3 mois
1967 172 63 ans et 6 mois
1968 172 63 ans et 9 mois
1969 et + 172 64 ans

4. La décote : conséquence de l'absence du taux plein

Si l'assuré ne remplit pas les conditions du taux plein et liquide sa retraite avant 67 ans, une décote (ou coefficient de minoration) s'applique.

Calcul de la décote
Coefficient de minoration 1,25% par trimestre manquant
Impact sur le taux −0,625 point sur le taux de 50% par trimestre
Nombre max de trimestres 20 trimestres
Décote maximale 25% (soit un taux ramené à 37,5%)
Méthode de calcul

Le nombre de trimestres manquants est calculé selon la méthode la plus favorable à l'assuré, en comparant :

  • Le nombre de trimestres manquants pour atteindre la durée d'assurance requise
  • Le nombre de trimestres manquants pour atteindre l'âge de 67 ans

5. Situations particulières ouvrant droit au taux plein

Certaines situations permettent d'obtenir le taux plein sans condition de durée d'assurance :

Situation Condition d'âge
Âge de 67 ans Taux plein automatique sans condition de trimestres
Inaptitude au travail À partir de 62 ans
Handicap (taux ≥ 50%) Dès 55 ans sous conditions
Ancien combattant / déporté Selon situations spécifiques
Incapacité permanente AT/MP Conditions spécifiques (art. L.351-1-4 CSS)

6. Vigilance : trimestres cotisés et trimestres assimilés

Pour la vérification du taux plein dans le régime de base, tous les trimestres sont pris en compte : cotisés, assimilés (chômage, maladie, maternité) et validés à d'autres titres.

Attention

La vérification du taux plein ne se limite pas à compter un total de trimestres. Il faut également s'interroger sur leur nature, car les exigences varient selon le dispositif envisagé.

Certains dispositifs de départ anticipé (carrière longue notamment) exigent des trimestres cotisés ou réputés cotisés, excluant une partie des trimestres assimilés.

7. Synthèse : comment interpréter ma situation ?

À l'issue de cette vérification, trois lectures sont possibles :

TAUX PLEIN ACQUIS

Les conditions d'âge ou de durée sont réunies selon les règles applicables à votre génération.

TAUX PLEIN POSSIBLE MAIS INCERTAIN

Certaines périodes ou paramètres doivent être précisés ou sécurisés (régularisation de carrière, rachat de trimestres...).

TAUX PLEIN NON ATTEINT

Une décote est juridiquement applicable en l'état des informations. Évaluez les options : poursuite d'activité, rachat, départ à 67 ans.

À savoir

Le taux plein est une condition, pas une finalité. Il ne garantit pas un montant de pension élevé.

Pour apprécier les conséquences concrètes sur votre retraite, consultez les fiches « Est-ce que j'ai assez de trimestres ? » et « Comment est calculée ma pension ? ».

Sources et références

Sites officiels :

Pourquoi certaines périodes n'apparaissent pas sur mon relevé de carrière ?

Vérifier 14 min
Finalité de cette fiche

Constater l'absence de certaines périodes sur son relevé de carrière est une source fréquente d'inquiétude. Pourtant, une période absente n'est pas nécessairement une période perdue.

Cette fiche vous aide à comprendre pourquoi certaines périodes peuvent ne pas apparaître, dans quels cas cela est normal, et dans quels cas cela mérite une attention particulière.

1. Le relevé de carrière : une photographie administrative

Définition

Le relevé de carrière est un document officiel établi par votre régime de retraite, qui recense année par année : les périodes d'activité, les revenus soumis à cotisations, les périodes d'inactivité.

Il constitue la base de calcul de votre pension de retraite.

À distinguer du Relevé de Situation Individuelle (RIS) qui regroupe l'ensemble de vos droits dans tous les régimes (base et complémentaires).

Le relevé de carrière ne retrace pas automatiquement tout ce qui a été vécu professionnellement. Il reflète uniquement les périodes qui ont été déclarées, transmises et intégrées dans les systèmes d'information des régimes de retraite.

Entre l'activité exercée et son apparition sur le relevé, plusieurs étapes existent :

  • Déclaration par l'employeur ou l'assuré
  • Transmission aux organismes sociaux
  • Contrôle
  • Intégration dans les bases de données retraite
À noter

Une période récente peut donc être absente sans que cela constitue une anomalie.

2. Les délais de remontée des informations

Certaines périodes n'apparaissent pas immédiatement en raison des délais de traitement. Les données issues des déclarations sociales nominatives (DSN), des échanges entre régimes ou des mises à jour administratives peuvent mettre plusieurs mois, voire plusieurs années, à être consolidées sur le relevé.

Type de période Délai habituel d'intégration
Activité salariée (DSN) Année N+1 à N+2
Chômage indemnisé Variable selon transmission France Travail
Maladie / Maternité Variable selon transmission CPAM
Service national Transmission par les archives militaires
Périodes à l'étranger Non intégrées (voir section 5)
Bon à savoir

L'absence d'une période récente est souvent liée à un décalage temporel, non à une perte de droits. Il est recommandé de vérifier son relevé tous les 2 à 3 ans et systématiquement à partir de 55 ans.

3. Les périodes qui n'ouvrent pas systématiquement de droits visibles

Toutes les périodes reconnues juridiquement ne produisent pas nécessairement des trimestres ou des points visibles sur le relevé. Certaines situations peuvent être prises en compte indirectement, sans apparaître de manière lisible.

Type de période Validation trimestres
Chômage indemnisé 1 trim. / 50 jours (max 4/an)
Maladie 1 trim. / 60 jours
Maternité 1 trim. par accouchement
Service national 1 trim. / 90 jours
Invalidité 1 trim. / trimestre civil
Seuil de validation 2026
Pour valider des trimestres cotisés
Revenu minimum : 150 × SMIC horaire brut = 1 803 € brut pour 1 trimestre
(maximum 4 trimestres par an)

4. Les changements de statut et les carrières mixtes

Les carrières comportant plusieurs statuts sont particulièrement concernées par ces absences apparentes. Un changement de statut peut entraîner :

  • Un changement de régime
  • Une rupture dans la chaîne de transmission des informations
  • Un affichage fragmenté des périodes
Statut professionnel Régime compétent
Salarié du privé CNAV / CARSAT
Salarié agricole MSA
Fonctionnaire d'État SRE (Service des Retraites de l'État)
Fonctionnaire territorial/hospitalier CNRACL
Indépendant (artisan, commerçant) SSI (ex-RSI)
Profession libérale CNAVPL + section professionnelle
Attention

En cas de carrière multi-régimes, chaque régime dispose de son propre relevé. Pour avoir une vision globale, consultez le Relevé de Situation Individuelle (RIS) sur info-retraite.fr qui consolide l'ensemble de vos droits.

5. Les périodes à l'étranger : un cas particulier

Les périodes travaillées à l'étranger ne figurent généralement pas sur le relevé de carrière français. Cette absence est normale. Leur prise en compte dépend des accords de sécurité sociale existants.

Zone géographique Règles applicables
UE / EEE / Suisse
27 pays UE + Islande, Liechtenstein, Norvège, Suisse
Coordination européenne : périodes prises en compte pour le taux plein. Chaque pays verse sa part de retraite.
Pays conventionnés
≈ 40 pays : USA, Canada, Maroc, Tunisie, Algérie, Japon, Inde, Argentine, Brésil, etc.
Accords bilatéraux de sécurité sociale : périodes prises en compte selon les termes de chaque accord.
Pays non conventionnés Périodes NON prises en compte dans le calcul de la retraite française.
Possibilité de cotisation volontaire auprès de la CFE (Caisse des Français de l'Étranger)

Source : CLEISS (Centre des Liaisons Européennes et Internationales de Sécurité Sociale) - cleiss.fr

6. Quand l'absence d'une période doit interroger

Si certaines absences sont normales, d'autres méritent une vigilance particulière. Une période peut appeler un examen plus attentif dans les situations suivantes :

Signaux d'alerte
  • Une activité ancienne jamais reprise malgré des relances
  • Une période d'emploi stable sans trace apparente (plusieurs années chez un même employeur)
  • Une succession d'années manquantes sans explication identifiable
  • Des revenus affichés très inférieurs à la réalité
  • Un nombre de trimestres par année inférieur à 4 malgré une activité à temps plein
Impact financier

Un trimestre manquant peut représenter 1,25% de pension en moins à vie (décote) si vous n'avez pas le taux plein.

Vérifier et corriger son relevé de carrière est donc essentiel pour sécuriser ses droits.

7. Comment signaler une anomalie et régulariser

La régularisation de carrière est possible auprès de votre caisse de retraite. Le service « Mettre à jour mon relevé de carrière » est accessible en ligne à partir de 55 ans.

Période concernée Justificatifs à fournir
Activité salariée Bulletins de salaire, certificats de travail, contrats
Chômage Attestations France Travail (ex-Pôle emploi), avis de paiement
Maladie / Maternité Attestations CPAM, relevés d'indemnités journalières
Service national État signalétique des services (archives militaires)
Activité à l'étranger Relevé de carrière du pays concerné, formulaire E205
Conseil pratique

Conservez précieusement tous vos justificatifs (bulletins de salaire, attestations) même anciens, au format papier et numérique.

Anticipez : engagez les démarches de régularisation 2 à 3 ans avant la date de départ souhaitée pour éviter tout retard.

8. Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels
  • L'absence d'une période sur un relevé de carrière peut avoir des causes multiples : techniques, administratives ou juridiques
  • Elle n'est pas, en soi, une preuve d'erreur
  • Les périodes à l'étranger sont normalement absentes du relevé français
  • La vérification et la régularisation anticipées sont essentielles pour sécuriser vos droits
  • La cohérence globale de la carrière reste le critère principal d'analyse
À savoir

Une fois les périodes absentes identifiées et comprises, il devient possible de vérifier leur impact sur vos droits.

Consultez ensuite les fiches « Comment sont comptabilisés mes trimestres » et « Vérifier ma situation retraite ».

Sources et références

Sites officiels :

Les enfants sont-ils bien pris en compte dans ma situation retraite ?

Vérifier 16 min
Finalité de cette fiche

La question des enfants en retraite est l'une des plus génératrices de confusion. Beaucoup d'assurés pensent que le fait d'avoir des enfants entraîne automatiquement des trimestres supplémentaires ou une hausse du montant de la pension.

En réalité, les droits liés aux enfants obéissent à plusieurs mécanismes distincts. Cette fiche vous aide à vérifier si vos droits sont cohérents avec votre situation et à éviter les erreurs d'interprétation les plus fréquentes.

1. Enfants et retraite : deux effets juridiques distincts

En droit de la retraite, les enfants peuvent produire des effets très différents selon qu'ils interviennent sur la durée d'assurance (trimestres) ou sur le montant de la pension (majorations). Ces deux dimensions sont souvent confondues, alors qu'elles répondent à des logiques juridiques distinctes.

EFFET SUR LA DURÉE (Trimestres)
  • Majoration durée d'assurance (MDA)
  • Congé parental
  • AVPF (cotisations CAF)

Impact : accès au taux plein, date de départ

EFFET SUR LE MONTANT (Majorations)
  • Majoration 10% (3 enfants ou +)
  • Majoration de pension
  • Majoration enfant à charge (Agirc-Arrco)

Impact : montant de la pension versée

2. Les trimestres liés aux enfants : majoration de durée d'assurance (MDA)

La majoration de durée d'assurance (MDA) permet d'attribuer des trimestres supplémentaires aux parents. Ces trimestres s'ajoutent à la durée d'assurance et peuvent avoir une incidence sur l'accès au taux plein et sur la date de départ à la retraite.

Type de MDA Trimestres Bénéficiaire
MDA Maternité 4 trimestres/enfant Mère uniquement (automatique)
MDA Adoption 4 trimestres/enfant Un des deux parents
MDA Éducation 4 trimestres/enfant Partage possible entre parents
MDA Congé parental Jusqu'à 12 trim./enfant Parent ayant pris le congé
MDA Enfant handicapé 8 trimestres max. Parent assumant la charge

3. Le partage des trimestres éducation : un choix encadré

Les 4 trimestres au titre de l'éducation peuvent être partagés entre les deux parents selon des règles précises qui dépendent de la date de naissance de l'enfant.

Enfant né AVANT le 1er janvier 2010
  • 4 trimestres attribués à la mère par défaut
  • Le père peut les obtenir s'il prouve avoir élevé seul l'enfant pendant les 4 ans suivant la naissance
Enfant né À PARTIR du 1er janvier 2010
  • Partage possible entre les deux parents
  • Choix à exercer dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant
  • À défaut de choix : 4 trimestres à la mère

4. L'AVPF : des trimestres cotisés par la CAF

L'Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF) est un dispositif distinct de la MDA. La CAF cotise à votre place au régime général, sur la base du SMIC, ce qui vous permet de valider des trimestres et d'améliorer votre salaire de référence.

Conditions d'affiliation Prestations ouvrant droit
  • Sans activité ou temps partiel
  • Ressources sous plafond
  • Ne pas cotiser ailleurs
  • Allocation de base PAJE
  • PreParE (congé parental)
  • Complément familial (3 enfants+)
  • AJPP, AEEH (enfant handicapé)
Bon à savoir

L'AVPF génère des trimestres COTISÉS (et non assimilés) qui apparaissent sur votre relevé de carrière.

Différence avec la MDA : l'AVPF améliore aussi votre salaire de référence (25 meilleures années), pas seulement votre durée d'assurance.

5. Les majorations de pension : un impact sur le montant

Indépendamment des trimestres, les enfants peuvent donner lieu à des majorations du montant de la pension. Ces majorations s'appliquent après le calcul de la pension, sur le montant servi, sans modifier la durée d'assurance.

Régime Majoration Conditions
Régime général +10% 3 enfants nés ou élevés (Art. L.351-12 CSS)
Agirc-Arrco +10% (plafonné) 3 enfants nés ou élevés 9 ans avant 16 ans
Agirc-Arrco +5% par enfant Enfant(s) à charge au départ
Fonction publique +10% 3 enfants (bonification)
Plafond Agirc-Arrco 2025
Majoration pour enfants nés ou élevés
2 367,48 € par an
(depuis le 1er novembre 2025)
Attention : ces deux majorations ne sont pas cumulables. La plus avantageuse vous est servie.

6. Régime de base et régime complémentaire : des règles différentes

Les droits liés aux enfants ne sont pas traités de la même manière selon les régimes. Cette différence est source de nombreuses confusions.

Dispositif Régime de base Agirc-Arrco
Trimestres MDA OUI (8 trim./enfant) NON (pas de trimestres)
Majoration 10% OUI (3 enfants+) OUI (plafonnée)
Enfant à charge NON OUI (+5%/enfant)
Moment d'effet Liquidation Liquidation

7. Ce qui apparaît sur le relevé... et ce qui n'apparaît pas

Sur le relevé de carrière, certaines informations liées aux enfants peuvent apparaître clairement, partiellement, ou pas du tout. Cela ne signifie pas que le droit est ignoré.

VISIBLE sur le relevé
  • Trimestres AVPF (cotisés par la CAF)
  • Trimestres congé parental
  • Salaires reportés (AVPF)
INVISIBLE avant liquidation
  • Trimestres MDA (attribués à la liquidation)
  • Majorations de pension 10%
  • Majorations Agirc-Arrco

8. Les erreurs d'interprétation les plus fréquentes

Idées reçues à éviter

❌ FAUX : « Chaque enfant donne automatiquement 8 trimestres »

✅ VRAI : Les 4 trimestres éducation peuvent être partagés ou attribués au père sous conditions.

❌ FAUX : « Les trimestres MDA augmentent le montant de ma pension »

✅ VRAI : Ils agissent sur la durée (taux plein, décote) mais pas sur le montant par trimestre.

❌ FAUX : « Mes trimestres enfants comptent pour la carrière longue »

✅ VRAI : Pour les enfants nés après 2010, les MDA ne sont pas prises en compte pour la retraite anticipée.

❌ FAUX : « Si mes trimestres enfants n'apparaissent pas, c'est une erreur »

✅ VRAI : Les MDA sont attribuées au moment de la liquidation, pas avant.

9. Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels
  • Les enfants peuvent produire des effets sur la durée d'assurance (trimestres MDA, AVPF, congé parental) et/ou sur le montant de la pension (majorations 10%)
  • Ces deux dimensions sont indépendantes et obéissent à des règles différentes
  • Tous les effets ne sont pas visibles immédiatement sur le relevé de carrière
  • L'absence d'information sur le relevé n'est pas une preuve d'oubli
  • La vérification doit toujours distinguer le type de droit, le régime concerné et le moment où l'effet se produit
À savoir

Une fois la prise en compte des enfants comprise, il devient possible d'évaluer leur impact réel sur les conditions de départ.

Consultez ensuite les fiches « Est-ce que j'ai assez de trimestres ? » et « Ai-je le taux plein ? ».

Sources et références

Sites officiels :

Les périodes de chômage, maladie, maternité sont-elles bien reconnues ?

Vérifier 16 min
Finalité de cette fiche

Les parcours professionnels ne sont pas toujours linéaires. Chômage, arrêts maladie, maternité ou parentalité font partie de nombreuses carrières.

Cette fiche vous aide à vérifier si ces périodes sont juridiquement reconnues, comment elles sont prises en compte, et quelles sont leurs limites concrètes.

1. Des périodes reconnues selon une logique de solidarité

En droit de la retraite, les périodes de chômage, de maladie ou de maternité ne relèvent pas de l'activité professionnelle classique. Elles sont qualifiées de périodes assimilées, c'est-à-dire reconnues par la loi sans donner lieu à des cotisations directes.

Principe

Les périodes assimilées sont des périodes d'interruption involontaire de travail durant lesquelles l'assuré n'a pas cotisé, mais qui sont prises en compte pour l'ouverture du droit et le calcul de la retraite.

2. Comprendre les deux effets distincts sur la retraite

Les périodes assimilées produisent des effets différents selon qu'il s'agit de la durée d'assurance (trimestres) ou des droits financiers (montant de la pension).

EFFET SUR LA DURÉE (Trimestres validés)
  • Trimestres attribués sans cotisation
  • Contribuent à la durée d'assurance
  • Permettent d'atteindre le taux plein

Impact : accès au taux plein, date de départ

EFFET SUR LE MONTANT (Salaire de référence)
  • Aucun salaire reporté au compte
  • N'améliorent pas les 25 meilleures années
  • Points Agirc-Arrco : selon les cas

Impact : pension potentiellement plus basse

3. Les règles de validation des trimestres

Chaque type de période assimilée obéit à des règles de validation spécifiques, exprimées en nombre de jours d'indemnisation.

Type de période Validation Limite
Chômage indemnisé (ARE, ASP, ASS) 1 trim. / 50 jours 4 trimestres max./an
Chômage non indemnisé (1ère période) 1 trim. / 50 jours 6 trim. max. sur la période (depuis 2011)
Maladie / Accident du travail 1 trim. / 60 jours IJ 4 trimestres max./an
Maternité / Adoption 1 trim. / 90 jours IJ 4 trimestres max./an
Invalidité 1 trim. / trimestre civil 4 trimestres max./an
Service national 1 trim. / 90 jours 4 trimestres max./an
Attention - Condition préalable obligatoire

La validation des périodes assimilées est subordonnée à la reconnaissance de la qualité d'assuré social au régime général AVANT la période à prendre en compte. Sans affiliation préalable, aucun trimestre ne peut être validé.

4. Cas particulier : le chômage non indemnisé

Le chômage non indemnisé obéit à des règles spécifiques qui varient selon qu'il s'agit d'une première période ou d'une période ultérieure.

1ère période de chômage non indemnisé

Depuis le 1er juillet 2011 :

  • Maximum 6 trimestres (1 an et demi)
  • 1 trimestre pour 50 jours

Avant 2011 : 4 trimestres max.

Périodes ultérieures

Condition : doit suivre immédiatement une période de chômage indemnisé

  • Maximum 4 trimestres (1 an)

Exception : 20 trimestres (5 ans) si :
• Plus de 55 ans
• Au moins 20 ans de cotisation

5. L'impact sur les points de retraite complémentaire Agirc-Arrco

La logique est différente dans le régime complémentaire. Les points sont étroitement liés au versement de cotisations, mais des points gratuits peuvent être attribués sous conditions.

Situation Points Agirc-Arrco
Chômage indemnisé (ARE, ASP...) Points attribués selon le SJR
Taux : 6,20% T1, 17% T2
Chômage ASS (solidarité) Points attribués au taux réduit
(4% T1 et T2)
Maladie/Maternité (> 60 jours) Points gratuits calculés sur l'année N-1
Invalidité Points gratuits selon les points de l'année précédente
Chômage non indemnisé Aucun point attribué
Bon à savoir

Pour l'Agirc-Arrco, les arrêts maladie/maternité de plus de 60 jours consécutifs ouvrent droit à des points gratuits, calculés sur la base des points acquis l'année précédant l'arrêt.

Les points sont calculés à partir du 61 ème jour indemnisé.

Condition : percevoir des indemnités journalières, une pension d'invalidité ou une rente AT/MP (taux ≥ 66%).

6. Trimestres assimilés et carrière longue : la notion de réputés cotisés

Pour le départ anticipé carrière longue, certains trimestres assimilés peuvent être traités comme des trimestres cotisés, mais dans des limites strictes.

Période assimilée Limite carrière longue
Service national 4 trimestres max.
Maladie / Accident du travail 4 trimestres max.
Maternité indemnisée Sans limite
Chômage indemnisé 4 trimestres max.
Invalidité 2 trimestres max.
AVPF / AVA 4 trimestres max.
MDA enfants (depuis sept. 2026) 2 trimestres max.

7. Ce qui apparaît sur le relevé... et ce qui peut ne pas apparaître

Les périodes assimilées peuvent apparaître de différentes façons sur le relevé de carrière, ce qui est source de confusion.

VISIBLE sur le relevé
  • Trimestres validés (total)
  • Mention des périodes de chômage
  • Périodes de maladie longue durée
  • Service national
PAS TOUJOURS VISIBLE
  • Aucun salaire n'est reporté
  • Détail des jours d'indemnisation
  • Points Agirc-Arrco (relevé séparé)
  • Arrêts maladie courts

8. Les erreurs d'interprétation les plus fréquentes

Idées reçues à éviter

❌ FAUX : « Toute période indemnisée produit des droits équivalents à une période travaillée »

✅ VRAI : Les trimestres sont validés, mais aucun salaire n'est reporté. Le montant de la pension peut être affecté.

❌ FAUX : « La validation de trimestres garantit un montant de retraite inchangé »

✅ VRAI : Les trimestres assimilés n'améliorent pas le salaire de référence (25 meilleures années).

❌ FAUX : « Tous les régimes traitent ces périodes de manière uniforme »

✅ VRAI : Le régime de base valide des trimestres ; l'Agirc-Arrco attribue des points selon des règles différentes.

❌ FAUX : « Mes trimestres de chômage comptent intégralement pour la carrière longue »

✅ VRAI : Seuls 4 trimestres de chômage indemnisé sont réputés cotisés pour la carrière longue.

9. Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels

Les périodes de chômage, maladie ou maternité sont juridiquement reconnues et produisent des effets réels sur la durée d'assurance.

Elles comptent, mais pas de la même manière que des périodes cotisées :

  • Trimestres validés : OUI (selon les règles de chaque période)
  • Salaire reporté : NON (pas d'amélioration des 25 meilleures années)
  • Points Agirc-Arrco : SELON LES CAS (chômage indemnisé oui, non indemnisé non)

La cohérence d'ensemble prime sur une lecture isolée.

À savoir

Une fois ces périodes comprises et situées juridiquement, il devient possible d'évaluer leur impact sur vos conditions de départ.

Consultez ensuite les fiches « Est-ce que j'ai assez de trimestres ? » et « Ai-je le taux plein ? ».

Sources et références

Sites officiels :

Les périodes assimilées sont-elles bien reconnues dans ma retraite ?

Vérifier 18 min
Finalité de cette fiche

Les parcours professionnels ne sont pas toujours linéaires. Chômage, arrêts maladie, maternité ou parentalité font partie de nombreuses carrières.

Cette fiche vous aide à vérifier si ces périodes sont juridiquement reconnues, comment elles sont prises en compte, et quelles sont leurs limites concrètes.

1. Des périodes reconnues selon une logique de solidarité

En droit de la retraite, les périodes de chômage, de maladie ou de maternité ne relèvent pas de l'activité professionnelle classique. Elles sont qualifiées de périodes assimilées, c'est-à-dire reconnues par la loi sans donner lieu à des cotisations directes.

Principe

Les périodes assimilées sont des périodes d'interruption involontaire de travail durant lesquelles l'assuré n'a pas cotisé, mais qui sont prises en compte pour l'ouverture du droit et le calcul de la retraite.

2. Comprendre les deux effets distincts sur la retraite

Les périodes assimilées produisent des effets différents selon qu'il s'agit de la durée d'assurance (trimestres) ou des droits financiers (montant de la pension).

EFFET SUR LA DURÉE (Trimestres validés)
  • Trimestres attribués sans cotisation
  • Contribuent à la durée d'assurance
  • Permettent d'atteindre le taux plein

Impact : accès au taux plein, date de départ

EFFET SUR LE MONTANT (Salaire de référence)
  • Aucun salaire reporté au compte
  • N'améliorent pas les 25 meilleures années
  • Points Agirc-Arrco : selon les cas

Impact : pension potentiellement plus basse

3. Les règles de validation des trimestres : chiffres précis

Chaque type de période assimilée obéit à des règles de validation spécifiques.

Type de période Validation Limite annuelle
Chômage indemnisé (ARE, ASP, ASS) 1 trim. / 50 jours indemnisés 4 trimestres max./an
Chômage non indemnisé (1ère période) 1 trim. / 50 jours 6 trim. max. depuis 2011
Maladie / Accident du travail 1 trim. au 60e jour IJ, puis 1 trim. / 60 jours 4 trimestres max./an
Maternité / Adoption 1 trim. au 90e jour IJ, puis 1 trim. / 90 jours 4 trimestres max./an
Invalidité 1 trim. / trimestre civil avec échéance de paiement 4 trimestres max./an
Service national Périodes retenues de date à date Sans limite spécifique
Activité partielle (depuis mars 2020) 1 trim. / 220 heures indemnisées 4 trimestres max./an
Attention - Condition préalable obligatoire

La validation des périodes assimilées est subordonnée à la reconnaissance de la qualité d'assuré social au régime général AVANT la période à prendre en compte.

Sans affiliation préalable (au moins une cotisation versée), aucun trimestre ne peut être validé au titre des périodes assimilées.

4. Cas particulier : le chômage non indemnisé

Le chômage non indemnisé obéit à des règles spécifiques qui varient selon qu'il s'agit d'une première période ou d'une période ultérieure.

1ère PÉRIODE de chômage non indemnisé

Depuis le 1er juillet 2011 :

  • Maximum 6 trimestres (1 an et demi)
  • 1 trimestre pour 50 jours

Avant 2011 : 4 trimestres max.

PÉRIODES ULTÉRIEURES

Condition : doit suivre immédiatement une période de chômage indemnisé

  • Maximum 4 trimestres (1 an)

Exception : 20 trimestres (5 ans) si :
• Plus de 55 ans
• Au moins 20 ans de cotisation

5. L'impact sur les points de retraite complémentaire Agirc-Arrco

La logique est différente dans le régime complémentaire. Les points sont étroitement liés au versement de cotisations, mais des points gratuits peuvent être attribués sous conditions.

Situation Points Agirc-Arrco
Chômage indemnisé (ARE, ASP) Points attribués selon le SJR
Taux : 6,20% T1, 17% T2
Chômage ASS (solidarité) Points attribués au taux réduit
(4% T1 et T2)
Maladie/Maternité (> 60 jours consécutifs) Points gratuits calculés sur l'année N-1
Invalidité Points gratuits selon les points de l'année précédente
Chômage non indemnisé Aucun point attribué
Bon à savoir

Pour l'Agirc-Arrco, les arrêts maladie/maternité de plus de 60 jours consécutifs ouvrent droit à des points gratuits, calculés sur la base des points acquis l'année précédant l'arrêt.

Les points sont calculés à partir du 61 ème jour indemnisé.

Condition : percevoir des indemnités journalières, une pension d'invalidité ou une rente AT/MP (taux ≥ 66%).

6. Trimestres assimilés et carrière longue : la notion de réputés cotisés

Pour le départ anticipé carrière longue, certains trimestres assimilés peuvent être traités comme des trimestres réputés cotisés, mais dans des limites strictes définies par l'article D.351-1-5 du CSS modifié par la réforme de 2023.

Période assimilée Limite carrière longue
Service national 4 trimestres max.
Maladie / Accident du travail 4 trimestres max.
Maternité indemnisée Sans limite
Chômage indemnisé 4 trimestres max.
Invalidité 2 trimestres max.
AVPF / AVA (depuis sept. 2023) 4 trimestres max.
Compte professionnel de prévention Sans limite
Trimestres attribués au titre des enfants 2 trimestres max.

7. Ce qui apparaît sur le relevé... et ce qui peut ne pas apparaître

Les périodes assimilées peuvent apparaître de différentes façons sur le relevé de carrière, ce qui est source de confusion.

VISIBLE sur le relevé
  • Trimestres validés (total)
  • Mention des périodes de chômage
  • Périodes de maladie longue durée
  • Service national
PAS TOUJOURS VISIBLE
  • Aucun salaire n'est reporté
  • Détail des jours d'indemnisation
  • Points Agirc-Arrco (relevé séparé)
  • Arrêts maladie courts (< 60 jours)

8. Les erreurs d'interprétation les plus fréquentes

Idées reçues à éviter

❌ FAUX : « Toute période indemnisée produit des droits équivalents à une période travaillée »

✅ VRAI : Les trimestres sont validés, mais aucun salaire n'est reporté. Le montant de la pension peut être affecté.

❌ FAUX : « La validation de trimestres garantit un montant de retraite inchangé »

✅ VRAI : Les trimestres assimilés n'améliorent pas le salaire de référence (25 meilleures années).

❌ FAUX : « Tous les régimes traitent ces périodes de manière uniforme »

✅ VRAI : Le régime de base valide des trimestres ; l'Agirc-Arrco attribue des points selon des règles différentes.

❌ FAUX : « Mes trimestres de chômage comptent intégralement pour la carrière longue »

✅ VRAI : Seuls 4 trimestres de chômage indemnisé sont réputés cotisés pour la carrière longue.

9. Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels

Les périodes de chômage, maladie ou maternité sont juridiquement reconnues et produisent des effets réels sur la durée d'assurance.

Elles comptent, mais pas de la même manière que des périodes cotisées :

  • Trimestres validés : OUI (selon les règles de chaque période)
  • Salaire reporté : NON (pas d'amélioration des 25 meilleures années)
  • Points Agirc-Arrco : SELON LES CAS (chômage indemnisé oui, non indemnisé non)

La cohérence d'ensemble prime sur une lecture isolée.

À savoir

Une fois ces périodes comprises et situées juridiquement, il devient possible d'évaluer leur impact sur vos conditions de départ.

Consultez ensuite les fiches « Est-ce que j'ai assez de trimestres ? » et « Ai-je le taux plein ? ».

Sources et références

Sites officiels :

Pourquoi le montant estimé de ma retraite change-t-il tout le temps ?

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Finalité de cette fiche

Comprendre pourquoi les montants affichés sur les simulateurs et relevés évoluent régulièrement, ce qu'ils représentent réellement, et à quel moment ils deviennent juridiquement stabilisés.

1. Une estimation n'est pas un droit

Les montants affichés avant la liquidation de la retraite ne constituent pas des droits acquis. Il s'agit d'estimations construites à partir d'hypothèses qui peuvent évoluer.

Nature Caractéristiques
Estimation (EIG/RIS) Valeur indicative, évolutive, sans engagement
Droit liquidé Montant définitif, intangible, garanti
À retenir

L'Estimation Indicative Globale (EIG) précise explicitement : « Les montants qui y figurent correspondent à une estimation et n'ont pas valeur d'engagement de la part des organismes concernés. »

2. Le calendrier du droit à l'information

La loi du 21 août 2003 a instauré un droit à l'information retraite. Vous recevez des documents à intervalles réguliers, dont les estimations s'affinent progressivement.

Âge Document Contenu
35 ans Information générale Présentation du système de retraite
45 ans Entretien Information Retraite Bilan personnalisé sur demande
55 ans EIG (1ère) Estimation tous régimes confondus
60 ans EIG (2e) Estimation actualisée
65 ans EIG (3e) Estimation proche du départ

3. Les facteurs de variation des estimations

Plusieurs éléments peuvent expliquer qu'une estimation évolue d'une année à l'autre, sans qu'il y ait d'erreur.

Facteur Exemple concret Impact
Paramètres réglementaires PASS 2026 : 48 060 € (+2%) Modification des plafonds de calcul
Valeur du point Point Agirc-Arrco : 1,4386 € Impact sur la complémentaire
Trimestres validés Ajout d'une période de chômage Augmentation de la durée
Salaires déclarés DADS/DSN de l'année N-1 Modification de la base
Hypothèses de projection Prolongation de l'activité Scénarios différents
Réformes législatives Réforme 2023 suspendue Modification des règles
Bon à savoir

Le PASS (Plafond Annuel de la Sécurité Sociale) est revalorisé chaque année au 1er janvier. En 2026, il passe à 48 060 € (+2%).

La valeur du point Agirc-Arrco est quant à elle revue chaque 1er novembre. Ces paramètres impactent directement vos estimations.

4. Le temps juridique de la retraite : avant et après la liquidation

La liquidation est le moment charnière où les droits cessent d'évoluer et deviennent définitifs.

AVANT
Carrière en cours
Droits THÉORIQUES

Les montants peuvent varier

DEMANDE
Dépôt dossier
4-6 mois avant

Les montants peuvent varier

LIQUIDATION
Calcul définitif
Date d'effet

Le montant est figé

APRÈS
Pension versée
Droits INTANGIBLES

Le montant est figé

Principe d'intangibilité

Une fois la pension liquidée et notifiée, elle revêt un caractère définitif. Seule la fraude de l'assuré ou l'erreur caisse permettent de remettre en cause la liquidation.

5. Les limites des estimations : ce qu'elles ne prennent pas toujours en compte

L'EIG présente certaines limites techniques qu'il est important de connaître pour interpréter correctement les chiffres affichés.

Élément Traitement dans l'EIG
Trimestres MDA enfants Non inclus automatiquement par tous les régimes
Périodes lacunaires Non prises en compte
Rachat de trimestres Non simulé
Retraite anticipée Non mentionnée systématiquement
Surcote Variable selon les caisses
Attention

Les dates de taux plein indiquées dans l'EIG sont parfois arrondies à avril ou octobre. Votre véritable date de taux plein peut différer de quelques mois. Demandez une analyse personnalisée.

6. Les erreurs d'interprétation les plus fréquentes

Croyance Réalité Conséquence
« Le chiffre est garanti » C'est une estimation évolutive Ne pas baser ses décisions sur ce seul chiffre
« Une variation = une erreur » C'est souvent une mise à jour Vérifier les paramètres modifiés
« Le système se contredit » Les hypothèses changent Comparer les scénarios utilisés
« Je dois réagir vite » Rien n'est définitif avant liquidation Prendre le temps d'analyser

7. Comment utiliser les estimations de manière constructive

Objectif Bonne pratique
Se repérer Consulter l'EIG pour une tendance générale
Comparer des scénarios Utiliser le simulateur M@rel sur info-retraite.fr
Anticiper un manque Identifier les leviers d'optimisation
Vérifier sa carrière Contrôler le RIS et signaler les anomalies
Prendre une décision Demander un EIR avant de fixer une date
Conseil pratique

Connectez-vous à votre espace personnel sur info-retraite.fr pour accéder à votre Relevé de Situation Individuelle (RIS) et à vos estimations à tout moment.

8. Ce que cette vérification permet... et ne permet pas

Cette fiche PERMET de
  • Relativiser les variations observées
  • Mieux utiliser les outils d'estimation
  • Éviter des décisions prématurées
  • Comprendre le cadre juridique
Cette fiche NE PERMET PAS de
  • Choisir une date de départ définitive
  • Optimiser le montant de la retraite
  • Calculer le montant exact de la pension
  • Déterminer la stratégie de fin de carrière

9. Ce qu'il faut retenir

Les montants estimés
  • Sont des outils d'aide à la décision, pas des promesses
  • Reposent sur des hypothèses et paramètres évolutifs
  • Ne deviennent des droits qu'au moment de la liquidation

Si les chiffres bougent, c'est normal.
Ce n'est pas un dysfonctionnement, c'est une caractéristique du système.

Sources et références

Sites officiels :

Suis-je tranquille... ou y a-t-il un risque pour ma retraite ?

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Finalité de cette fiche

Poser un diagnostic de situation fondé sur la cohérence juridique de votre carrière. Cette fiche ne donne pas de réponse définitive ou chiffrée, mais vous aide à qualifier votre niveau de sérénité pour savoir si une analyse plus approfondie est justifiée.

1. Pourquoi il n'existe pas de réponse binaire

En matière de retraite, il n'existe pas de réponse simple du type « oui » ou « non ». La retraite est un droit progressif, construit sur une carrière, des règles variables et des paramètres qui ne sont pas tous figés avant la liquidation.

Une situation peut sembler rassurante sur certains aspects, tout en comportant des zones d'incertitude sur d'autres. À l'inverse, une carrière perçue comme « compliquée » peut être juridiquement saine.

2. Les trois niveaux de diagnostic

🟢
SITUATION SAINE

Fondations solides
Pas d'urgence

🟠
SITUATION INCERTAINE

Zone intermédiaire
Vigilance raisonnée

🔴
SITUATION À RISQUE

Signaux d'alerte
Action recommandée

À retenir

Être tranquille ou inquiet ne dépend pas d'un seul indicateur, mais d'un faisceau d'éléments. La tranquillité repose sur la cohérence, pas sur l'absence totale de questions.

3. Ce que signifie une situation juridiquement saine

Dans ce cas, il n'y a pas nécessairement d'urgence. Cela ne signifie pas que tout est figé, mais que les fondations juridiques de la carrière sont solides.

Critère Indicateur positif Source de vérification
Périodes d'activité Toutes apparaissent sur le RIS info-retraite.fr
Trimestres validés Logique cohérente (4/an max.) Relevé de Situation Individuelle
Points complémentaires Cohérence avec les salaires Espace Agirc-Arrco
Droits enfants MDA/AVPF correctement attribués RIS + attestations CAF
Périodes assimilées Chômage/maladie bien reportés Attestations France Travail/CPAM
Carrières mixtes Coordination inter-régimes visible EIG tous régimes

4. Les situations incertaines : ni alarmantes, ni sécurisées

Certaines situations se situent dans une zone intermédiaire. Les éléments disponibles ne permettent pas encore de conclure clairement, mais la situation n'est pas problématique en soi.

Exemple de zone grise Pourquoi c'est incertain Action recommandée
Périodes mal qualifiées Statut employé/indépendant flou Demander une attestation à l'employeur
Droits conditionnés Paramètres non encore figés Attendre la date de liquidation
Carrières mixtes complexes Coordination inter-régimes incertaine Faites-vous accompagner
Périodes à l'étranger Reconnaissance non confirmée Vérifier les conventions bilatérales
Changement de statut fréquent Impact sur les calculs Simuler plusieurs scénarios

5. Les situations à risque : quand des signaux d'alerte apparaissent

Une situation peut être qualifiée de plus sensible lorsque plusieurs signaux convergent. Le risque n'est pas nécessairement une perte définitive de droits, mais une fragilité juridique qui peut avoir des conséquences au moment de la liquidation.

Signal d'alerte Conséquence potentielle Délai d'action
Périodes structurantes absentes Trimestres manquants = décote Régularisation avant liquidation
Salaires non déclarés SAM diminué = pension réduite Vérifier DADS/DSN avec employeur
Droits enfants non attribués Jusqu'à 8 trimestres perdus Signaler à la CNAV avant 55 ans
Chômage non indemnisé non reporté 6 trimestres max. non validés Produire attestations France Travail
Écarts importants prévisions/RIS Budget retraite surestimé Demander une EIG actualisée
Attention

Identifier un risque ne signifie pas qu'il est irréversible, mais qu'il doit être reconnu et traité. La plupart des anomalies peuvent être régularisées avant la liquidation si elles sont détectées à temps.

6. Grille d'auto-diagnostic : où vous situez-vous ?

Utilisez cette grille pour évaluer votre situation sur chaque critère. La colonne correspondant à votre situation vous indique le niveau de vigilance adapté.

Élément 🟢 Saine 🟠 Incertaine 🔴 À risque
Relevé de carrière (RIS) Toutes les périodes apparaissent Quelques périodes floues Périodes structurantes absentes
Cohérence des trimestres 4 trimestres/an en moyenne Années incomplètes ponctuelles Nombreuses années à 0 trimestre
Salaires déclarés Montants cohérents avec l'activité Quelques écarts inexpliqués Salaires manifestement sous-évalués
Périodes assimilées Chômage/maladie bien reportés Statut incertain sur certaines Périodes non validées
Droits enfants MDA/AVPF visibles Attribution non vérifiée Aucune trace alors que droits existent
Carrières mixtes Coordination inter-régimes claire Chevauchements à vérifier Périodes non reconnues

7. Si un problème est détecté : les voies de régularisation et de recours

Étape Interlocuteur Délai Issue
1. Demande de régularisation Votre caisse de retraite À tout moment Correction du RIS
2. Recours amiable (CRA) Commission de recours amiable 2 mois après décision Réexamen du dossier
3. Médiation Médiateur de l'Assurance Retraite Après CRA Solution amiable
4. Recours contentieux Pôle social du Tribunal judiciaire 2 mois après CRA Décision de justice
Procédure

Le recours amiable auprès de la Commission de Recours Amiable (CRA) est obligatoire avant toute saisine du tribunal.

L'absence de réponse dans les 2 mois vaut rejet implicite. La procédure devant le pôle social du tribunal judiciaire est gratuite et ne nécessite pas d'avocat en première instance.

8. Ce que cette fiche permet... et ce qu'elle ne permet pas

Cette fiche PERMET de
  • Prendre du recul sur sa situation
  • Qualifier son niveau de sérénité
  • Identifier si une analyse approfondie est justifiée
  • Connaître les voies de régularisation
  • Préparer un Entretien Information Retraite
Cette fiche NE PERMET PAS de
  • Choisir une date de départ définitive
  • Calculer un montant de pension
  • Décider d'une stratégie d'optimisation
  • Remplacer un conseil personnalisé
  • Garantir l'absence de tout problème

9. Ce qu'il faut retenir

Les points essentiels

Être tranquille ou inquiet ne se décrète pas.
Cela se qualifie, à partir d'éléments objectifs et compris.

  • L'absence de problème apparent n'est pas toujours synonyme de sécurité
  • La présence de questions n'est pas nécessairement synonyme de risque

La tranquillité repose sur une lecture structurée, progressive et juridiquement fondée de la carrière.

Pont vers la suite

Une fois votre situation qualifiée, il devient possible d'anticiper.

Le bloc ANTICIPER permet d'explorer les dates de départ possibles, les projections et les scénarios, sans encore chercher à optimiser.

Sources et références

Sites officiels :

Vous souhaitez être accompagné ?

Si vous avez repéré des zones d'ombre ou des situations à risque, un accompagnement personnalisé peut sécuriser vos droits.