Étape 1 sur 5

Comprendre le système de retraite

Les bases pour ne plus subir le jargon

Le système de retraite français est très complexe : plus de 40 régimes différents, chacun avec ses propres règles de calcul et de validation.

Il repose sur un principe fondateur : la répartition. Les cotisations des actifs d'aujourd'hui financent les pensions des retraités d'aujourd'hui. C'est un contrat de solidarité intergénérationnelle.

11 fiches • 180 min de lecture
Objectif de cette étape

Ce que vous allez comprendre

Avant de vérifier quoi que ce soit sur votre relevé de carrière, il faut savoir comment fonctionne le système.

Régime de base, complémentaire, trimestres, taux plein, décote... Ces mots reviennent sans cesse, mais peu de gens savent vraiment ce qu'ils signifient.

À la fin de cette étape, vous saurez comment se construit une retraite, sans avoir besoin d'un dictionnaire.

Les fiches de cette étape : "Comprendre"

Qu'est-ce que la retraite et pourquoi existe-t-il plusieurs régimes ?

Comprendre 12 min
Objectif de la fiche

Cette fiche répond à deux questions fondamentales, souvent implicites :

  • Qu'est-ce que la retraite, juridiquement ?
  • Pourquoi n'existe-t-il pas un régime unique pour tous ?

Sans cette compréhension, les règles de retraite apparaissent comme arbitraires, alors qu'elles reposent sur une logique historique, professionnelle et assurantielle.

1. La retraite : une définition juridique, pas une récompense

La retraite n'est ni une récompense, ni un revenu versé "par l'État".

Définition juridique

La retraite est un revenu de remplacement, destiné à compenser la perte de revenus liée à la cessation ou à la réduction de l'activité professionnelle.

Elle est financée :

  • par les cotisations versées pendant la carrière
  • par un mécanisme de solidarité intergénérationnelle (système par répartition)

2. Un principe fondateur : la retraite est liée au travail

La retraite française repose sur un principe simple mais structurant : à chaque type d'activité correspond un régime de retraite.

Autrement dit, la retraite n'a pas été pensée comme un dispositif universel abstrait, mais comme un prolongement du statut professionnel. C'est cette logique qui explique l'existence de plusieurs régimes, et non d'un régime unique.

Principe clé

On ne "touche" pas une retraite parce qu'on a travaillé longtemps.
On ouvre des droits parce qu'on a été affilié et cotisant.
Le droit à retraite est donc un droit contributif.

3. Pourquoi plusieurs régimes de retraite ?

Historiquement, les régimes de retraite se sont construits par secteur d'activité, par profession et par statut juridique. Les règles ont été adaptées aux réalités de chaque métier.

42 régimes de retraite en France (régimes spéciaux inclus) Source : Ministère du Travail, 2025

4. Régime de base et régime complémentaire : une construction à deux étages

La retraite française s'est structurée progressivement en deux étages distincts mais indissociables.

RÉGIME DE BASE (1er étage)

Objectif :

  • Socle de droits communs
  • Logique de solidarité
  • Protection minimale

Fonctionnement :

  • En trimestres
  • Avec un taux (50% max pour les régimes alignés et 100% pour les professions libérales)
  • Durée d'assurance requise
RÉGIME COMPLÉMENTAIRE (2ème étage)

Objectif :

  • Compléter le régime de base
  • Tenir compte des niveaux de rémunération
  • Différencier les carrières

Fonctionnement :

  • En points
  • Règles propres à chaque régime
  • Gestion paritaire
Attention

La retraite complémentaire n'est pas accessoire. Elle représente en moyenne 30% à 60% de la pension totale selon le niveau de revenus. Elle est indissociable de la retraite globale.

5. Les grandes familles de régimes

Catégorie Régime de base Régime complémentaire
Salariés du privé CNAV (régime général) Agirc-Arrco – IRCANTEC (contractuels)
Salariés agricoles MSA (salariés) Agirc-Arrco
Artisans, commerçants SSI (ex-RSI) RCI
Professions libérales CNAVPL Sections professionnelles (CIPAV, CARMF...)
Fonctionnaires d'État SRE (Service des retraites de l'État) RAFP
Fonctionnaires territoriaux/hospitaliers CNRACL RAFP

6. L'objectif des réformes : rapprocher sans uniformiser

Au fil du temps, le législateur a cherché à harmoniser certaines règles, rapprocher les modes de calcul et simplifier les démarches pour les assurés.

Les régimes alignés

Trois régimes de base appliquent des règles de calcul identiques et sont dits "alignés" :

  • Le régime général des salariés (CNAV en IDF et CARSAT en régions)
  • Le régime des salariés agricoles (MSA salariés)
  • Le régime des indépendants (SSI, ex-RSI)
LA LURA : Liquidation Unique des Régimes Alignés

Depuis le 1er juillet 2017, les assurés nés à partir du 1er janvier 1953 ayant cotisé à au moins deux régimes alignés bénéficient d'une liquidation unique de leur retraite de base.

Avantages :

  • Un seul interlocuteur
  • Une seule demande de retraite
  • Un seul versement mensuel
  • Calcul sur les 25 meilleures années tous régimes confondus

7. Ce qu'il faut retenir

  • La retraite est un droit contributif, pas une allocation uniforme
  • Elle est historiquement liée au statut professionnel
  • Les 42 régimes multiples résultent d'une construction progressive
  • Régime de base et régimes complémentaires répondent à des logiques différentes
  • Comprendre cette architecture permet de mieux lire les règles
À savoir

La retraite s'appuie sur des concepts techniques (trimestres, taux, points) qui n'ont de sens que dans ce cadre général.

Consultez la fiche "Qu'est-ce qu'un trimestre en retraite ?" pour comprendre la première brique du système.

Sources et références

Sources statistiques :

  • DREES - Les retraités et les retraites, Édition 2025
  • Ministère du Travail - Panorama des régimes de retraite (42 régimes)

Sites officiels :

Qu'est-ce qu'un trimestre en retraite ?

Comprendre 15 min

Cette fiche vous aide à comprendre pourquoi deux assurés peuvent avoir le même nombre de trimestres et pourtant des droits différents.

Le mot trimestre

En retraite, le mot trimestre est trompeur. Il évoque spontanément une durée de trois mois. Ce qui n'est pas le cas en retraite.

Définition

En droit de la retraite, un trimestre n'est pas une durée calendaire, mais une UNITÉ DE DROITS. Il sert à mesurer votre durée d'assurance, c'est-à-dire le temps reconnu par les régimes de retraite pour ouvrir et calculer vos droits.

Autrement dit : on ne travaille pas trois mois pour obtenir un trimestre, on remplit des conditions permettant sa validation.

Schéma : Trimestre calendaire vs Trimestre retraite

TRIMESTRE CALENDAIRE TRIMESTRE RETRAITE
Durée de 3 mois (90 jours) Unité de mesure des droits
Période fixe : janvier à mars, avril à juin, etc. Indépendant du temps calendaire travaillé
Compte le temps qui passe Compte des CONDITIONS remplies

Comment obtient-on un trimestre ?

Un trimestre est validé lorsque certaines conditions sont réunies. Ces conditions varient selon le statut professionnel et selon la nature de la période concernée.

Conditions de validation selon le statut (année 2026) :

Statut Condition de validation (1 trimestre)
SALARIÉS Revenu soumis à cotisations ≥ 1 803 € brut
(150 × SMIC horaire brut)
INDÉPENDANTS (SSI) Cotisation vieillesse versée ≥ 322 €
PROFESSIONS LIBÉRALES Revenu cotisé ≥ 1 803 € brut (même seuil)
MICRO-ENTREPRENEURS CA minimum variable selon activité (BIC/BNC)
Principe

La validation d'un trimestre ne dépend pas de la durée effective du travail mais du montant des revenus soumis à cotisations. Un étudiant travaillant un seul mois d'été peut valider un trimestre si son salaire atteint le seuil.

Évolution des seuils de validation (salariés) :

Année SMIC horaire 1 trimestre 4 trimestres
2024 11,65 € 1 747,50 € 6 990 €
2025 11,88 € 1 782 € 7 128 €
2026 12,02 € 1 803 € 7 212 €

Note : Avant 2014, le seuil était de 200 × SMIC horaire brut. La réforme de 2013 l'a abaissé à 150 × SMIC pour mieux protéger les temps partiels.

Spécificités pour les TNS et professions libérales

Caractéristique Explication
Base de validation Cotisations vieillesse effectivement versées (et non revenus)
Seuils 2026 (indépendants) 322 € (1 trim.) / 644 € (2 trim.) / 967 € (3 trim.) / 1 289 € (4 trim.)
Cotisation minimale Assiette minimale de 11,5% du PASS (5 526,90 € en 2026) permettant de valider 3 trimestres
Retraite complémentaire Fonctionne en points, indépendamment des trimestres de base
Point de vigilance pour les micro-entrepreneurs

Un chiffre d'affaires insuffisant peut conduire à ne valider aucun trimestre sur l'année, même en cas d'activité effective. Il est essentiel de vérifier annuellement le nombre de trimestres validés sur votre relevé de carrière (info-retraite.fr).

Le trimestre n'a de valeur que par son qualificatif

Tous les trimestres ne se valent pas. Ce n'est pas le mot trimestre qui décide de vos droits, mais l'adjectif qui l'accompagne.

Schéma : Les différents types de trimestres et leur hiérarchie

Type de trimestre Définition juridique Usage dans le calcul des droits
Cotisé Trimestre ayant donné lieu au versement effectif de cotisations retraite sur un revenu d'activité Durée d'assurance + Taux plein + Carrière longue + Minimum contributif + Surcote
Assimilé Trimestre attribué sans cotisation directe pour des périodes reconnues par la loi (chômage, maladie, maternité, invalidité, service national ...) Durée d'assurance + Taux plein (mais pas tous les dispositifs spécifiques)
Réputé cotisé Trimestre assimilé auquel la loi accorde le traitement d'un trimestre cotisé MAIS UNIQUEMENT pour certains dispositifs (ex: carrière longue) Compte COMME un cotisé pour la carrière longue (dans certaines limites)
Validé Terme générique englobant TOUS les trimestres (cotisés + assimilés + réputés cotisés + majorations) Durée d'assurance totale tous régimes
De majoration Trimestres supplémentaires accordés sans cotisation (enfants, handicap, C2P, âge). Non rattachés à une année civile. S'ajoutent à la durée d'assurance totale.
Le trimestre cotisé : la référence

Le trimestre cotisé repose sur l'exercice d'une activité professionnelle effective, ayant donné lieu au versement de cotisations retraite. C'est le trimestre de référence, pris en compte pour tous les dispositifs.

Caractéristiques :

  • Chez les salariés : dépend d'un seuil de rémunération (150 × SMIC horaire brut depuis 2014)
  • Chez les indépendants : dépend des revenus déclarés et des cotisations versées
  • Maximum 4 trimestres par année civile
  • Limité au plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 €/mois en 2026)
Le trimestre assimilé : les périodes reconnues sans cotisation

Le trimestre assimilé est accordé sans cotisation directe, parce que la loi reconnaît certaines périodes comme devant ouvrir des droits. Ces trimestres comptent pour la durée d'assurance mais n'ont pas toujours la même portée juridique que les trimestres cotisés. Il s'agit de trimestres liés à la solidarité pour compenser un aléa de la vie.

Période assimilée Condition de validation
Chômage indemnisé 50 jours d'indemnisation = 1 trimestre
Maladie / Accident du travail 60 jours d'indemnités journalières = 1 trimestre
Maternité (depuis 2014) 90 jours d'indemnités journalières = 1 trimestre
Invalidité 3 mois de pension = 1 trimestre
Service national 90 jours = 1 trimestre
Le trimestre réputé cotisé : une notion clé pour la carrière longue

Le trimestre réputé cotisé occupe une place particulière. Il s'agit d'un trimestre assimilé auquel la loi accorde le même traitement juridique qu'un trimestre cotisé, mais uniquement pour certains dispositifs comme la retraite anticipée pour carrière longue.

Attention

C'est souvent à ce niveau que tout se joue. Deux assurés peuvent avoir le même nombre total de trimestres validés, mais pas le même nombre de trimestres retenus pour un dispositif donné (ex: carrière longue).

Limites des trimestres réputés cotisés pour la carrière longue (réforme 2023) :

Type de période assimilée Limite comme réputé cotisé
Service national 4 trimestres maximum
Maladie / Accident du travail 4 trimestres maximum
Chômage indemnisé 4 trimestres maximum
Maternité Tous les trimestres (sans limite)
AVPF / AVA (nouveauté réforme 2023) 4 trimestres maximum
Invalidité 2 trimestres maximum
Majoration pour enfants (à partir de septembre 2026) 2 trimestres
Les trimestres de majoration : non rattachés à une année civile

Les trimestres de majoration sont des trimestres supplémentaires accordés sans cotisation, pour des situations spécifiques. Ils ne sont pas affectés à une année civile déterminée : ils s'ajoutent simplement au total de la durée d'assurance au moment de la liquidation.

Principaux types de majorations :

Motif de majoration Nombre de trimestres Bénéficiaire
Maternité (par enfant) 4 trimestres Mère biologique uniquement
Éducation (par enfant) 4 trimestres (2 garantis à la mère depuis 2023) Partageable entre parents (enfants nés après 2010)
Adoption (par enfant) 4 trimestres Partageable entre parents
Enfant en situation de handicap Jusqu'à 8 trimestres Chaque parent peut en bénéficier
Congé parental Durée effective (max 12 trim.) Parent concerné (non cumulable avec MDA enfant)
Report après 67 ans (âge) Variable Assuré ne réunissant pas le taux plein
Important

Les trimestres de majoration pour enfants ne figurent pas sur le relevé de carrière (RIS). Ils sont attribués uniquement au moment de la liquidation de la retraite. Ils ne comptent PAS pour la retraite anticipée carrière longue.

La durée d'assurance : l'addition des trimestres... sous conditions

La durée d'assurance correspond au total des trimestres validés au cours de votre carrière, tous régimes confondus. C'est elle qui sert de base pour déterminer l'accès au taux plein, apprécier une éventuelle décote ou surcote, et ouvrir certains dispositifs spécifiques.

Attention

Le nombre total de trimestres ne suffit pas à lui seul. Il faut toujours regarder la NATURE des trimestres, leur RÉPARTITION, et les RÈGLES PROPRES au dispositif concerné.

Schéma récapitulatif : Quels trimestres pour quels droits ?

Usage Cotisés Assimilés Majorations Réputés cotisés
Durée d'assurance (taux plein) OUI OUI OUI OUI
Calcul décote / surcote OUI OUI OUI OUI
Carrière longue OUI NON NON OUI (limites)
Minimum contributif majoré OUI NON NON OUI (AVPF max 24 trim.)
Surcote parentale (depuis 2023) OUI NON Condition d'accès NON

Ce qu'il faut retenir

En retraite, deux personnes peuvent afficher le même nombre de trimestres et pourtant ne pas avoir les mêmes droits. La différence ne vient pas du chiffre, mais du qualificatif juridique des trimestres qui composent leur carrière.

Comprendre cette distinction est indispensable avant de :

  • Vérifier un relevé de carrière (quels trimestres sont cotisés, assimilés, de majoration ?)
  • Évaluer l'accès au taux plein (durée d'assurance totale tous régimes)
  • Envisager un départ anticipé carrière longue (trimestres cotisés + réputés cotisés uniquement)
  • Simuler l'impact d'un rachat de trimestres

En retraite, ce n'est pas le nombre de trimestres qui compte, c'est leur qualificatif juridique.
Un trimestre cotisé, un trimestre assimilé et un trimestre de majoration n'ouvrent pas les mêmes droits.

Fiches connexes

  • Comment lire mon relevé de carrière ?
  • Vérifier ma situation retraite
  • Est-ce que j'ai assez de trimestres ?
  • La retraite anticipée pour carrière longue
  • Le rachat de trimestres

Sources et références

Circulaires et doctrine :

  • Circulaire CNAV du 1er août 2024

Sites officiels :

Qu'est-ce qu'un taux en retraite ?

Comprendre 18 min
Objectif de la fiche

Cette fiche a pour but de clarifier le vocabulaire des taux en retraite, car il s'agit de l'un des champs lexicaux les plus confusants pour les assurés.

En pratique, on parle de "taux" pour désigner des mécanismes différents, qui n'agissent ni au même moment, ni sur les mêmes éléments de la retraite.

1. Le mot "taux" : un faux ami en retraite

En retraite, le mot taux n'a aucun sens pris isolément. Il doit TOUJOURS être qualifié, car selon le contexte, il peut désigner des réalités juridiques très différentes.

Selon le contexte, le mot "taux" peut désigner :

  • Un taux de cotisation (pendant la carrière)
  • Un taux de calcul de la pension (à la liquidation)
  • Un taux de minoration (décote) ou de majoration (surcote)

Schéma : Les différents taux en retraite et leur moment d'application

Moment Type de taux Ce qu'il détermine
PENDANT LA CARRIÈRE Taux de cotisation Le montant prélevé sur le salaire pour financer la retraite
Taux d'appel (complémentaire) La part des cotisations prélevée
Taux d'acquisition des droits La part des cotisations qui génère des droits effectifs
À LA LIQUIDATION Taux plein (50%) Le taux maximum de calcul de la pension de base
Taux minoré (décote) La réduction définitive en cas de trimestres manquants
Taux majoré (surcote) La majoration en cas de prolongation d'activité

2. Les taux liés aux cotisations (pendant la carrière)

Le taux de cotisation

Le taux de cotisation correspond au pourcentage appliqué à une assiette (salaire ou revenu) pour financer la retraite.

Principe

Cotiser à un taux élevé n'implique pas mécaniquement une retraite élevée. Tout dépend de la manière dont ces cotisations se transforment en droits (trimestres ou points).

Taux de cotisation retraite des salariés (2026) :

Cotisation Part salariale Part patronale Total
Vieillesse plafonnée (jusqu'à 1 PMSS) 6,90% 8,55% 15,45%
Vieillesse déplafonnée (totalité salaire) 0,40% 2,11% 2,52%
Agirc-Arrco Tranche 1 (0 à 1 PMSS) 3,15% 4,72% 7,87%
Agirc-Arrco Tranche 2 (1 à 8 PMSS) 8,64% 12,95% 21,59%
CEG Tranche 1 0,86% 1,29% 2,15%
CEG Tranche 2 1,08% 1,62% 2,70%

Note : PMSS 2026 = 4 005 €/mois (48 060 €/an). La CEG (Contribution d'Équilibre Général) finance les départs avant 67 ans.

Taux de cotisation retraite de base des libéraux (2026) :

Cotisation Taux
Tranche 1 (0 à 1 PMSS) 8,73%
Tranche 2 (0 à 5 PMSS) 1,87%

Taux de cotisation retraite complémentaire des libéraux : varie suivant la section professionnelle.

Le taux d'appel (régimes complémentaires)

Le taux d'appel est utilisé principalement dans les régimes complémentaires. Il désigne la part des cotisations effectivement appelée.

Mécanisme clé

En Agirc-Arrco, le taux d'appel est de 127%. Cela signifie que les cotisations appelées sont supérieures aux cotisations génératrices de points. Une fraction finance le régime sans ouvrir de droits supplémentaires.

Schéma : Fonctionnement du taux d'appel à 127%

Taux contractuel (génère des points) Taux appelé (payé effectivement)
Tranche 1 : 6,20% Tranche 1 : 6,20% × 127% = 7,87%
Tranche 2 : 17,00% Tranche 2 : 17,00% × 127% = 21,59%
Conséquence

27% des cotisations versées ne génèrent pas de points, mais financent l'équilibre du régime.

3. Les taux liés au calcul de la retraite de base

Le taux plein

Le taux plein est le taux de calcul maximum appliqué à la retraite. Il est fixé à 50% dans les régimes alignés et de 100% pour les libéraux.

Le taux plein est atteint dans trois situations :

  • Par la durée d'assurance : avoir le nombre de trimestres requis pour sa génération (167 à 172 selon l'année de naissance) à l'âge légal de départ
  • Par l'âge : avoir atteint 67 ans (âge d'annulation de la décote)
  • Par une situation spécifique : inaptitude au travail, handicap (taux ≥ 50%), invalidité
Formule de calcul de la retraite des salariés du privé
Pension = SAM × 50% × (durée au régime / durée de référence)
Formule de calcul de la retraite des libéraux
Pension = Nombre de points × 100% × Valeur annuelle du point
Le taux minoré (décote)

Lorsque le taux plein n'est pas atteint, un taux minoré s'applique. Il entraîne une réduction DÉFINITIVE du montant de la pension de base.

Mécanisme de la décote (assurés nés à partir de 1953) :

Élément Valeur
Coefficient de minoration par trimestre manquant 1,25%
Nombre maximum de trimestres pris en compte 20 trimestres
Décote maximale 25% (20 × 1,25%)
Calcul du nombre de trimestres manquants

On retient le plus petit des deux nombres suivants :

  1. Trimestres manquants pour atteindre 67 ans
  2. Trimestres manquants pour atteindre la durée requise pour le taux plein

C'est le calcul le plus favorable à l'assuré.

Exemple : Marie

Marie, salariée du privé, née en 1964 (170 trimestres requis), part à 63 ans avec 159 trimestres.

  • Trimestres manquants jusqu'à 67 ans : 16 trimestres (4 ans)
  • Trimestres manquants pour la durée requise : 11 trimestres (170 - 159)

→ On retient 11 trimestres (le plus favorable)

→ Décote : 11 × 0,625 = 6,875 points

→ Taux appliqué : 50 - 6,875 = 43,125%

Le taux majoré (surcote)

À l'inverse, lorsqu'un assuré poursuit son activité au-delà de l'âge légal ET de la durée requise pour le taux plein, une surcote s'applique.

Élément Valeur
Majoration par trimestre supplémentaire 1,25% (soit 5% par an)
Maximum de trimestres par an 4 trimestres
Plafond de surcote Aucun plafond légal
Réforme 2023 : la surcote parentale

Les assurés nés à partir de 1964, ayant au moins un trimestre de majoration pour enfant (maternité, éducation, adoption, handicap, congé parental), et réunissant la durée requise pour le taux plein à 63 ans, bénéficient d'une surcote de 1,25% par trimestre travaillé entre 63 et 64 ans (maximum 5%).

4. La liquidation : le moment où les taux s'appliquent

Le taux de liquidation est le taux effectivement appliqué au moment du calcul définitif de la pension. C'est à ce stade que se combinent la durée d'assurance, le taux plein ou minoré, et les éventuelles majorations.

5. Les régimes complémentaires : les coefficients

Dans les régimes complémentaires fonctionnant par points, le vocabulaire change. On ne parle plus uniquement de "taux minoré" ou de "décote", mais de coefficients.

Coefficients de minoration Agirc-Arrco (départ avant 67 ans sans taux plein base) :

Si vous partez avant l'âge légal ou sans le nombre de trimestres requis, un coefficient de minoration s'applique sur vos points Agirc-Arrco. Ce coefficient dépend de votre âge OU de vos trimestres manquants (le plus favorable est retenu).

Situation Régime de base Agirc-Arrco
Départ sans taux plein base Décote (taux minoré) Coefficient de minoration
Départ anticipé (avant 62-64 ans) Décote si trimestres manquants Coefficient d'anticipation (définitif)
Prolongation d'activité Surcote (+1,25%/trim.) Coefficient de majoration (10%/an max.)
Note importante

Le coefficient de minoration temporaire (malus de 10% pendant 3 ans) qui existait depuis 2019 a été SUPPRIMÉ par la réforme 2023 pour toutes les retraites prenant effet à partir du 1er avril 2024.

6. Ce qu'il faut retenir

  • Le mot "taux" recouvre plusieurs réalités juridiques distinctes
  • Tous les taux ne concernent ni le même moment, ni le même calcul
  • Le taux plein n'est qu'un élément du calcul de la retraite de base
  • Le taux de minoration est plafonné à 20 trimestres manquants
  • La décote et la surcote sont de 1,25% par trimestre (mais en sens opposé)

En retraite, le mot "taux" n'a aucun sens isolé.
Toujours demander : taux DE QUOI ? À quel MOMENT ? Dans quel RÉGIME ?

Sources et références

Sites officiels :

À savoir

Les taux ne s'appliquent pas seuls. Ils interagissent avec des mécanismes appelés majorations, qui peuvent porter soit sur la durée d'assurance, soit directement sur le montant de la pension.

Consultez la fiche "Comprendre les majorations en retraite : durée ou pension ?"

Comprendre les majorations en retraite

Comprendre 14 min
Objectif de la fiche

Cette fiche clarifie le mot "majoration", qui recouvre en réalité deux mécanismes distincts en retraite. La confusion entre ces deux notions est fréquente et conduit à de mauvaises interprétations des droits acquis.

Principe : Une majoration peut soit augmenter la durée d'assurance (trimestres), soit augmenter le montant de la pension. Ces deux effets n'ont pas le même impact.

1. Le mot "majoration" : une ambiguïté courante

Dans le langage courant, une majoration signifie simplement "un plus". En droit de la retraite, c'est insuffisant :

MAJORATION DE DURÉE D'ASSURANCE
  • Ajoute des TRIMESTRES
  • Agit sur les CONDITIONS de départ
  • (taux plein, décote, âge)
MAJORATION DE PENSION
  • Ajoute un POURCENTAGE
  • Agit sur le MONTANT de la pension
  • (après calcul)
Attention à la confusion

Ces deux effets n'ont pas le même impact, ne s'appliquent pas au même moment, et ne répondent pas aux mêmes règles.

2. Les majorations de durée d'assurance (des trimestres en plus)

2.1. Principe
Définition juridique

Les majorations de durée d'assurance consistent à ajouter des trimestres à la carrière, sans activité ni cotisation supplémentaire. Ces trimestres viennent augmenter la durée d'assurance retenue pour :

  • L'accès au taux plein
  • Le calcul de certaines décotes ou surcotes
  • L'éligibilité à certains dispositifs
2.2. Tableau des principales majorations de durée d'assurance
Type de majoration Nombre de trimestres Bénéficiaire
Maternité 4 par enfant Mère biologique (automatique)
Adoption 4 par enfant Partage possible entre parents
Éducation 4 par enfant Partage possible (défaut : mère)
Enfant en situation de handicap (AEEH + Compl.) 1 par 30 mois (max 8) Chaque parent
Adulte handicapé à charge 1 par 30 mois (max 8) Aidant familial uniquement
Congé parental = durée du congé Parent ayant pris le congé
C2P (pénibilité) 10 pts = 1 trim. (max 8) Salarié exposé (à partir de 55 ans)
Règles de répartition des trimestres enfants (depuis 2010)

Maternité (4 trimestres) : Attribués automatiquement à la mère biologique. Non partageables.

Éducation (4 trimestres) : Partageables entre les parents. Choix à exprimer dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant. À défaut, attribués à la mère.

Adoption (4 trimestres) : Partageables selon les mêmes modalités que l'éducation.

3. Les majorations de pension (un pourcentage appliqué au montant)

3.1. Principe
Définition juridique

Les majorations de pension s'appliquent après le calcul de la retraite, directement sur le montant de la pension servie. Elles prennent la forme d'un pourcentage supplémentaire ou d'un avantage spécifique accordé sous conditions.

Point clé

Ces majorations n'ont aucun effet sur la durée d'assurance, l'âge de départ ou l'accès au taux plein. Elles interviennent uniquement sur le montant final de la pension.

3.2. La majoration de 10% pour 3 enfants (régime général)
Condition Effet
Avoir eu ou élevé au moins 3 enfants pendant 9 ans avant leur 16e anniversaire +10% sur le montant de la pension de base
Enfants concernés : biologiques, adoptés, du conjoint, recueillis Majoration définitive et viagère
S'applique aussi à la pension de réversion Cumulable avec la surcote
3.3. La majoration pour 3 enfants (fonction publique)

Condition : avoir élevé les enfants pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire.

Nombre d'enfants Taux de majoration
3 enfants 10%
4 enfants 15%
5 enfants 20%
Par enfant supplémentaire +5%
3.4. Les majorations Agirc-Arrco (complémentaire)
Type Taux Caractéristiques
Enfants nés ou élevés (3+) 10% (droits depuis 2019) Définitive, plafonnée (2 367 €/an au 1er novembre 2025)
Enfant(s) à charge 5% par enfant Temporaire (cesse quand plus à charge)
Règle de non-cumul Agirc-Arrco

Les majorations pour enfants nés/élevés et pour enfants à charge ne sont pas cumulables. Si les deux conditions sont remplies, c'est la majoration la plus favorable qui est attribuée. Une comparaison est effectuée chaque fois qu'un enfant cesse d'être à charge.

3.5. La majoration pour 3 enfants - Ircantec (complémentaire)

Condition : avoir élevé les enfants pendant au moins 9 ans avant leur 16e anniversaire.

Nombre d'enfants Taux de majoration
3 enfants 10%
4 enfants 15%
5 enfants 20%
6 enfants 25%
7 enfants et + 30%

4. Ce qu'il faut retenir

MAJORATION DE DURÉE D'ASSURANCE

Agit sur : CONDITIONS de départ (taux plein, décote, éligibilité dispositifs)

Moment : AVANT le calcul de la pension

MAJORATION DE PENSION

Agit sur : MONTANT de la pension

Moment : APRÈS le calcul de la pension

Les deux peuvent coexister pour un même assuré !

Les 5 points essentiels
  1. Le mot "majoration" recouvre deux mécanismes distincts : durée d'assurance (trimestres) ou montant de pension (pourcentage).
  2. Les majorations de durée ajoutent des trimestres qui agissent sur les conditions de départ (taux plein, décote, carrière longue).
  3. Les majorations de pension augmentent le montant servi mais n'ont aucun effet sur l'âge ou les conditions de départ.
  4. Chaque régime applique ses propres règles : conditions, taux, plafonds, cumuls. Base et complémentaire diffèrent.
  5. Une analyse sérieuse doit toujours identifier de quel type de majoration on parle et dans quel régime.

Sources et références

Sites officiels :

Régimes alignés, LURA et SAM : comment se calcule la retraite de base ?

Comprendre 16 min
Objectif de la fiche

Cette fiche explique ce que sont les régimes alignés, pourquoi la LURA a été mise en place, et comment est calculé le SAM (salaire annuel moyen) dans ce cadre.

Elle permet d'éviter une erreur fréquente : croire que chaque régime de base calcule encore sa retraite séparément.

1. Les régimes alignés : de quoi parle-t-on exactement ?

Les régimes alignés sont des régimes de retraite de base qui appliquent les mêmes règles de calcul.

Ils concernent trois populations :

Régime Population concernée Organisme gestionnaire
Régime général Salariés du secteur privé CNAV / CARSAT
Régime des salariés agricoles Salariés du secteur agricole MSA salariés
Régime des indépendants Artisans et commerçants SSI (ex-RSI) via CNAV

On les dit « alignés » car ils appliquent :

  • les mêmes notions de trimestres
  • le même taux de liquidation (50 % maximum)
  • la même logique de durée d'assurance
  • une formule de calcul identique basée sur le Salaire Annuel Moyen (SAM) ou Revenu Annuel Moyen (RAM)
Attention

Ne sont PAS concernés par les régimes alignés :

  • les professions libérales (CNAVPL, CIPAV)
  • les avocats (CNBF)
  • les exploitants agricoles (MSA non-salariés)
  • les fonctionnaires (SRE, CNRACL)
  • les régimes spéciaux

Pour les exploitants agricoles, à partir du 1er janvier 2026, le calcul de leur retraite sera basé sur les 25 meilleures années de revenus. Pour les pensions liquidées entre le 1er janvier 2026 et le 31 décembre 2027, un recalcul des droits sera effectué en 2028.

2. La LURA : pourquoi et comment ?

La LURA (Liquidation Unique des Régimes Alignés) est entrée en vigueur le 1er juillet 2017 pour répondre à un problème récurrent : les carrières mixtes, avec plusieurs statuts successifs relevant de régimes alignés.

AVANT la LURA (jusqu'au 30/06/2017) DEPUIS la LURA (01/07/2017)
Chaque régime calculait sa pension séparément Un seul régime calcule la pension unique
Plusieurs interlocuteurs Un interlocuteur unique
Plusieurs versements mensuels Un seul versement mensuel
SAM proratisé par régime SAM global tous régimes alignés
Qui est concerné ?

La LURA s'applique aux assurés :

  • nés à compter du 1er janvier 1953
  • ayant cotisé à au moins 2 des 3 régimes alignés au cours de leur carrière
  • dont la pension prend effet à compter du 1er juillet 2017

3. Quel régime liquide la pension ?

La LURA désigne un régime liquidateur unique selon des règles précises :

  • Règle générale : le dernier régime d'affiliation
  • En cas d'affiliation simultanée à plusieurs régimes : le régime qui prend en charge les frais de santé

Le régime liquidateur supporte intégralement la charge de la pension, avec compensation financière entre régimes.

4. Le SAM/RAM : élément central du calcul

Le SAM/RAM est un élément clé du calcul de la retraite de base dans les régimes alignés. C'est la moyenne des revenus sur lesquels la pension sera calculée.

Définition du SAM

Le SAM correspond à la moyenne des 25 meilleurs salaires bruts revalorisés, limités au Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS).

PASS 2026 = 48 060 €

Le SAM n'est pas :

  • la moyenne de toute la carrière
  • le dernier salaire
  • une moyenne brute sans sélection
  • une moyenne sans plafonnement

Années exclues du calcul du SAM :

  • L'année de départ à la retraite (incomplète)
  • Les années sans validation d'au moins 1 trimestre
  • Les années composées uniquement de périodes assimilées

5. Le SAM dans le cadre de la LURA

Point clé

Le SAM est désormais GLOBAL, pas fractionné par régime.
Les années ne sont plus ventilées par régime : elles sont regroupées pour former un seul SAM.

Avec la LURA, le SAM est calculé globalement :

  • les revenus de tous les régimes alignés sont additionnés pour chaque année civile
  • cette somme est plafonnée au PASS de l'année concernée
  • les 25 meilleures années sont sélectionnées tous régimes confondus
  • les salaires sont revalorisés selon des coefficients actualisés chaque année
Formule de calcul de la retraite de base
Pension = SAM × Taux × (Durée d'assurance / Durée de référence)
SAM = moyenne des 25 meilleures années (plafonnées au PASS)
Taux = entre 37,5 % (décote max) et 50 % (taux plein)
Durée de référence = nombre de trimestres requis selon l'année de naissance

6. Impact de la LURA sur les trimestres

La LURA modifie également la comptabilisation des trimestres :

AVANT la LURA DEPUIS la LURA
Chaque régime comptabilisait ses trimestres.
Exemple : 4 trimestres CNAV + 4 trimestres RSI = 8 trimestres validés en tout (mais 4 retenus pour la durée tous régimes).
Maximum 4 trimestres par an, tous régimes alignés confondus.
Les revenus sont additionnés pour déterminer le nombre de trimestres validés.
Rappel 2026

Pour valider 1 trimestre en 2026 : il faut avoir perçu 1 803 € brut de revenus soumis à cotisations.

Pour valider 4 trimestres : 7 212 € brut minimum sur l'année.

7. Qui est exclu du dispositif LURA ?

Le dispositif LURA ne s'applique pas dans certains cas :

  • assurés nés avant le 1er janvier 1953
  • assurés ayant déjà liquidé une pension dans l'un des régimes alignés avant le 1er juillet 2017
  • professions libérales (CNAVPL, CIPAV)
  • avocats (CNBF)
  • auto-entrepreneurs affiliés à la CIPAV
  • assurés ayant effectué une partie de leur carrière comme indépendant dans un pays non couvert par les conventions internationales

8. Ce que la LURA ne change pas

La LURA est un outil de simplification, pas un levier d'optimisation en soi.

Elle ne modifie pas :

  • l'âge légal de départ (64 ans depuis la réforme 2023)
  • les conditions du taux plein
  • le nombre de trimestres requis
  • les règles de la retraite complémentaire (Agirc-Arrco)
  • la nature des droits acquis

9. Exemple de calcul simplifié

Cas pratique : Marie, née en 1963

Carrière : 20 ans salariée (CNAV) + 15 ans commerçante (SSI)

  • 170 trimestres validés au total (durée requise atteinte)
  • SAM calculé sur les 25 meilleures années tous régimes : 28 000 €
  • Taux plein : 50 %

Calcul de la pension :

Pension annuelle = 28 000 × 50 % × (170/170) = 14 000 €/an
Pension mensuelle = 14 000 / 12 = 1 166,67 € brut/mois

10. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. Les régimes alignés (CNAV, MSA salariés, SSI) appliquent les mêmes règles de calcul.
  2. La LURA (depuis le 1er juillet 2017) permet une liquidation unique pour les polypensionnés nés à partir de 1953.
  3. Le SAM est calculé globalement sur les 25 meilleures années, tous régimes alignés confondus.
  4. Les revenus sont plafonnés au PASS pour chaque année.
  5. Maximum 4 trimestres peuvent être validés par an, tous régimes confondus.
  6. Le régime liquidateur est généralement le dernier régime d'affiliation.
  7. La LURA simplifie la liquidation mais ne modifie pas les droits acquis.
À savoir

Comprendre les régimes alignés et la LURA permet de lire une estimation de retraite de base, mais la retraite globale inclut aussi des régimes fonctionnant par points.

Consultez la fiche « Comment se calcule une retraite en points ? » ou « Comment vérifier mes points de retraite complémentaire ? »

Sources et références

Sources officielles :

Les formules de calcul de la retraite

Comprendre 18 min
Objectif de la fiche

Cette fiche explique comment se calcule une retraite. Il n'existe pas une formule unique, mais plusieurs logiques de calcul, selon le régime et le statut professionnel.

Comprendre la formule est indispensable pour interpréter une estimation, comprendre un montant et éviter les comparaisons erronées entre assurés.

1. Deux grandes logiques de calcul en retraite

En France, la retraite repose sur deux modèles juridiques distincts : une retraite calculée en trimestres et salaire de référence, et une retraite calculée en points.

Logique TRIMESTRES + SAM

Régimes de base :

  • Régime général (CNAV/CARSAT)
  • Régime agricole salariés (MSA)
  • Régime indépendants (SSI)
  • CNAVPL (base prof. libérales)
Pension = SAM × Taux × Proratisation
Logique POINTS

Régimes complémentaires :

  • Agirc-Arrco (salariés privés)
  • Ircantec (contractuels publics)
  • Sections professionnelles des profs. libérales (CARMF, La Cipav...)
Pension = Nb points × Taux × Valeur annuelle du point
Principe

Tous les assurés relèvent au minimum de cette logique → un régime de base ET un régime complémentaire.

2. La formule de calcul des régimes de base (salariés, TNS)

Formule de calcul - Régimes alignés
Pension = SAM × TAUX × Coefficient de PRORATISATION
SAM = Salaire Annuel Moyen (25 meilleures années, revalorisées)
TAUX = de 37,5% (minimum) à 50% (taux plein), voire plus avec surcote
Proratisation = Durée d'assurance acquise / durée d'assurance requise
Le Salaire Annuel Moyen (SAM)

Le SAM (ou RAM) est la moyenne des salaires bruts des 25 meilleures années de carrière (et non les 25 dernières). Ces salaires sont revalorisés selon des coefficients officiels pour tenir compte de l'inflation.

Nouveauté LFSS 2026 : SAM adapté pour les mères

La loi de financement de la Sécurité sociale 2026 modifie le calcul du SAM pour les mères :

  • 24 meilleures années pour les mères de 1 enfant
  • 23 meilleures années pour les mères de 2 enfants ou plus

Objectif : mieux prendre en compte les carrières féminines et réduire les écarts de pension.

Paramètres de calcul 2026
Paramètre Valeur 2026
PMSS (Plafond mensuel Sécurité sociale) 4 005 €/mois
PASS (Plafond annuel) 48 060 €/an
Pension maximale régime général (50% PMSS) 2 002,50 €/mois
Durée d'assurance Trimestres requis selon génération
Taux plein 50%
Taux minimum (après décote maximale) 37,5%
Exemple : Paul, né en 1963, part à 64 ans avec 170 trimestres
  • SAM (25 meilleures années revalorisées) : 34 000 €
  • Taux : 50% (taux plein atteint)
  • Proratisation : 170/170 = 1 (carrière complète dans le régime)
Calcul : 34 000 × 50% × (170/170) = 17 000 €/an
Soit 1 416,67 € bruts/mois de retraite de base
La LURA : Liquidation Unique des Régimes Alignés

Depuis le 1er juillet 2017 (pour les nés à partir du 1er janvier 1953), les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes alignés bénéficient d'une liquidation unique.

Régimes alignés Avantages LURA
  • Régime général (CNAV)
  • Salariés agricoles (MSA)
  • Indépendants (SSI)
  • Interlocuteur unique (dernier régime d'affiliation)
  • SAM calculé sur les 25 meilleures années tous régimes confondus
  • Paiement mensuel unique

3. La formule de calcul des régimes par points

Formule de calcul - Régimes par points
Pension = Nombre de points acquis × Taux × Valeur de service du point
Points acquis = Cotisations versées / Prix d'achat du point
Valeur de service = montant annuel en € auquel chaque point est converti à la liquidation
Agirc-Arrco : retraite complémentaire des salariés privés
Paramètre Agirc-Arrco Valeur 2026
Valeur de service du point 1,4386 €
Prix d'achat du point (salaire de référence) 20,1877 €
Taux de calcul des points Tranche 1 (0-1 PMSS) 6,20%
Taux de calcul des points Tranche 2 (1-8 PMSS) 17%
Exemple : Acquisition de points sur un salaire annuel de 50 000 €
  • Tranche 1 (jusqu'à 48 060 €) : 48 060 × 6,20% = 2 979,72 €
  • Tranche 2 (50 000 - 48 060 = 1 940 €) : 1 940 × 17% = 329,80 €
  • Total cotisations génératrices de points : 3 309,52 €
Points acquis : 3 309,52 / 20,1877 = 163,94 points pour l'année
Valeur de ces points : 163,94 × 1,4386 = 235,85 €/an de pension supplémentaire
CNAVPL : régime de base des professions libérales (par points)

Le régime de base des professions libérales est un régime de base fonctionnant par points. Il est commun à toutes les professions libérales, géré par la CNAVPL.

Paramètre CNAVPL Valeur 2026
Valeur du point de base 0,6599 €
Taux plein 100%
Points max T1 (jusqu'à 1 PASS) - à partir de 2026 557 points/an
Points max T2 (jusqu'à 5 PASS) 25 points/an
Taux cotisation T1 (à partir de 2026) 8,73%
Formule CNAVPL
Pension = Nb points × Taux x Valeur point
(100% si taux plein, minoré si trimestres manquants)

4. Schéma récapitulatif : une retraite = addition de plusieurs calculs

Retraite totale = Retraite(s) de base + Retraite(s) complémentaire(s)
  • Chaque pension est calculée selon SA propre formule
  • On ne compare jamais directement trimestres et points
  • Chaque montant doit être lu dans sa logique propre
Statut Régime de base Régime complémentaire
Salarié privé Régime général (CNAV)
Trimestres + SAM
Agirc-Arrco
Points
TNS (artisans, commerçants) SSI (régime aligné)
Trimestres + RAM
RCI (SSI)
Points
Profession libérale CNAVPL
Points + trimestres
Sections professionnelles
Points

5. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. Il existe deux grandes formules de calcul en retraite (trimestres/SAM vs points)
  2. Les régimes de base reposent sur : trimestres + taux + revenu de référence (sauf CNAVPL)
  3. Les régimes complémentaires reposent sur des points
  4. La LURA simplifie le calcul pour les polypensionnés des régimes alignés
  5. Une estimation n'a de sens que si l'on identifie quelle formule est utilisée

Message clé
Pour analyser une estimation de retraite, toujours identifier :
QUEL RÉGIME ? QUELLE FORMULE ? QUELS PARAMÈTRES ?

À savoir

Comprendre les formules de calcul est indispensable, mais ne suffit pas pour analyser une situation individuelle.

Consultez la fiche "Comment lire et interpréter un relevé de carrière" pour passer de la théorie à votre situation concrète.

Sources et références

Circulaires et sources officielles :

Qu'est-ce qu'un point de retraite ?

Comprendre 15 min
Objectif de la fiche

Cette fiche explique ce qu'est un point de retraite, à quoi il sert, et pourquoi il ne remplace pas les trimestres.

Elle est essentielle pour comprendre les retraites complémentaires, les retraites des professions libérales, et les différences entre durée d'assurance et montant de pension.

1. Le point de retraite : une unité de droits

Un point de retraite n'est ni un euro, ni un trimestre, ni une garantie de montant futur. Juridiquement, un point est une unité de droits à pension, acquise en contrepartie de cotisations versées à un régime donné.

Définition juridique

Le point de retraite est une unité de compte représentant un droit potentiel à pension, acquis par le versement de cotisations.

Tant que la retraite n'est pas liquidée, le point n'a pas de valeur monétaire directe.

2. Comment acquiert-on des points ?

Les points sont acquis par le versement de cotisations retraite, selon une logique propre à chaque régime. La formule générale d'acquisition est :

Formule d'acquisition des points
Nombre de points = Cotisations versées ÷ Prix d'achat du point
Plus les cotisations sont élevées, plus le nombre de points acquis est important.
Paramètres d'acquisition 2026
Régime Prix d'achat du point Valeur de service
Agirc-Arrco (salariés privés) 20,1877 € 1,4386 €
Ircantec (contractuels publics) 5,787 € 0,56053 €
CNAVPL base (prof. libérales) 100% de la tranche 1 permet d'obtenir 557 points
100% de la tranche 2 permet d'obtenir 25 points
0,6599 €
Sections professionelles des libéraux Variable selon la section Variable selon la section

3. La valeur du point : un paramètre distinct

Un point n'a de valeur financière qu'au moment de la retraite. À la liquidation, la pension est calculée ainsi :

Formule de liquidation
Pension annuelle = Nombre de points × Taux × Valeur annuelle de service du point
La valeur de service est fixée par le régime et susceptible d'évoluer chaque année.
Distinction essentielle

Prix d'achat du point : sert à acquérir des droits (pendant la carrière)

Valeur de service du point : sert à convertir les droits en pension (à la liquidation)

Ces deux valeurs sont juridiquement distinctes et évoluent indépendamment.

Exemple : Sophie, salariée, part en retraite à taux plein en 2026
  • Points Agirc-Arrco acquis sur sa carrière : 8 500 points
  • Valeur de service du point 2026 : 1,4386 €
Calcul : 8 500 × 100% × 1,4386 = 12 228,10 € par an
Soit 1 019,01 € bruts par mois de retraite complémentaire

Ce montant s'ajoute à sa retraite de base du régime général.

4. Points et trimestres : deux fonctions différentes

Il est fondamental de comprendre que points et trimestres n'ont pas le même rôle juridique.

LES TRIMESTRES

Servent à :

  • Déterminer l'âge de départ
  • Apprécier l'accès au taux plein
  • Calculer la durée d'assurance
  • Appliquer décote ou surcote
Répondent à :
QUAND puis-je partir ?
LES POINTS

Servent à :

  • Déterminer le montant de la pension
  • Refléter l'effort contributif
  • Calculer la retraite complémentaire
Répondent à :
COMBIEN vais-je percevoir ?

5. Le cas des professions libérales : un fonctionnement hybride

Les professions libérales illustrent parfaitement la coexistence points/trimestres avec une particularité : leur régime de base (CNAVPL) est lui-même un régime par points, contrairement aux régimes alignés (CNAV, MSA, SSI).

RÉGIME DE BASE CNAVPL

Régime par POINTS

  • Valeur du point 2026 : 0,6599 €
  • Points max T1 : 557 points/an
  • Points max T2 : 25 points/an

MAIS : les trimestres servent au taux de liquidation (décote/surcote)

RÉGIMES COMPLÉMENTAIRES

10 sections professionnelles

  • CIPAV, CARPIMKO, CARMF...
  • Chacune avec ses règles
  • Environ 70% de la pension totale

Fonctionnement exclusivement par points

Spécificité du régime de base CNAVPL

Le régime de base des professions libérales (CNAVPL) est un régime de base fonctionnant par points. La formule de calcul est :

Pension = Nombre de points × Taux de liquidation × Valeur annuelle du point

Le taux de liquidation (100% si taux plein, minoré si trimestres manquants) dépend de la durée d'assurance tous régimes confondus.

Exemple : Marc, architecte libéral, part en retraite à taux plein en 2026

Régime de base CNAVPL :

  • 15 000 points acquis × 100% × 0,6599 € = 9 898,50 €/an
  • Taux plein atteint (170 trimestres tous régimes) : coefficient 100%
  • Pension de base : 9 898,50 €/an soit 824,88 €/mois

Régime complémentaire CIPAV :

  • 6 200 points × 100% × 2,89 € = 17 918 €/an soit 1 493,17 €/mois
Total
824,88 + 1 493,17 = 2 318,05 €/mois bruts

6. Schéma récapitulatif : articulation points/trimestres

Statut Régime de base Complémentaire Trimestres
Salarié privé CNAV : SAM + taux Agirc-Arrco : points Oui (base)
Indépendant (TNS) SSI : RAM + taux RCI : points Oui (base)
Prof. libérale CNAVPL : points Sections : points Oui (taux)
Contractuel public CNAV : SAM + taux Ircantec : points Oui (base)

7. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. Un point est une unité de droits, pas une somme garantie
  2. Il n'a de valeur financière qu'au moment de la liquidation
  3. Les points déterminent le montant, pas l'âge de départ
  4. Les trimestres restent indispensables, même chez les libéraux
  5. Toute retraite combine généralement points (complémentaire) et trimestres (base)

Sources et références

Circulaires et sources officielles :

  • Circulaire Agirc-Arrco 2025-16-SG-DRJ
  • CNAVPL - Paramètres 2026 (valeur du point 0,6599 €)
  • agirc-arrco.fr, cnavpl.fr, service-public.fr (vérifiés janvier 2026)

Enfants et retraite : qu'est-ce qui compte vraiment ?

Comprendre 20 min
Objectif de la fiche

Cette fiche clarifie les effets des enfants sur la retraite : majorations de durée d'assurance (trimestres), majorations financières de la pension et surcote parentale. Elle intègre les évolutions de la réforme 2023 et distingue les règles selon les régimes (général, complémentaire, fonction publique, professions libérales).

1. Pourquoi cette confusion fréquente ?

Beaucoup d'assurés pensent que chaque enfant « donne des trimestres » ou augmente automatiquement la pension. En réalité, les effets liés aux enfants portent sur trois mécanismes juridiquement distincts :

  • La durée d'assurance : des trimestres supplémentaires qui facilitent l'accès au taux plein
  • Le montant de la pension : une majoration financière calculée après liquidation
  • La surcote parentale (réforme 2023) : une bonification pour les parents atteignant le taux plein dès 63 ans

2. Les trimestres supplémentaires (majoration de durée d'assurance)

Pour chaque enfant, jusqu'à 8 trimestres peuvent être attribués au régime général, répartis comme suit :

Type de majoration Trimestres Bénéficiaire
Maternité 4 trimestres Mère uniquement (grossesse et accouchement)
Éducation 4 trimestres 2 trim. minimum à la mère + 2 répartissables entre parents (choix dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire)
Adoption 4 trimestres Répartissables entre parents adoptifs
Enfant en situation de handicap 8 trimestres max 1 trim/30 mois - Chaque parent si enfant avec taux ≥ 80% (cumulable avec MDA enfant)
Attention : distinction avant/après 2010

Enfants nés AVANT le 1er janvier 2010 : les 8 trimestres sont attribués automatiquement à la mère (sauf si le père prouve avoir élevé seul l'enfant)

Enfants nés À PARTIR du 1er janvier 2010 : le partage des 4 trimestres éducation est possible entre les parents

Depuis le 1er septembre 2023 : 2 trimestres minimum sont garantis à la mère sur les 4 trimestres éducation

3. Impact sur la retraite anticipée carrière longue (LFSS 2026)

Rappel des conditions de la carrière longue :

  • Avoir commencé à travailler avant 16, 18, 20 ou 21 ans (selon la borne)
  • Justifier de la durée d'assurance cotisée et réputée cotisée requise pour le taux plein
Nouveauté LFSS 2026 - Mesure majeure

Jusqu'à 2 trimestres de majoration pour enfant (maternité, adoption, éducation, congé parental) sont désormais considérés comme RÉPUTÉS COTISÉS pour l'ouverture du droit à la retraite anticipée carrière longue.

Avant cette mesure, les trimestres MDA enfants étaient exclus du calcul de la durée cotisée pour la carrière longue.

Application : pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Impact estimé : plus de 13 000 femmes nées à partir de 1970 pourront bénéficier d'un départ anticipé.

Exemple : Sophie, née en 1970, 3 enfants, début de carrière avant 20 ans

Sophie a 170 trimestres cotisés + 12 trimestres MDA enfants (non comptabilisés avant).

  • Avant LFSS 2026 : pas éligible à la carrière longue (manque de trimestres cotisés).
  • Après LFSS 2026 : 170 + 2 trimestres enfants réputés cotisés = 172 trimestres.

→ Sophie peut désormais partir en retraite anticipée à 62 ans au lieu de 64 ans.

4. Impact sur le calcul du SAM (LFSS 2026)

Régimes concernés :

  • Régime général de sécurité sociale (CNAV/CARSAT)
  • Régimes alignés : travailleurs indépendants (SSI), salariés agricoles (MSA)
  • Régime des non-salariés agricoles (si trimestres de MDA)
Nouveauté LFSS 2026 - Calcul du Salaire Annuel Moyen

Le calcul de la retraite de base sera modulé selon le nombre d'enfants :

  • 1 enfant : SAM calculé sur les 24 meilleures années (au lieu de 25)
  • 2 enfants et plus : SAM calculé sur les 23 meilleures années (au lieu de 25)

Application : pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026.

Impact estimé : hausse de pension pour 50% des femmes liquidant à partir de 2026.

Exemple : Marie, 2 enfants, carrière avec années à temps partiel
  • Sans la mesure : SAM calculé sur 25 années, incluant 2 années à faibles revenus. SAM = 28 000 €.
  • Avec la mesure : SAM calculé sur 23 meilleures années, excluant les années faibles. SAM = 30 000 €.

5. Les majorations de pension (augmentation du montant)

Indépendamment des trimestres, des majorations financières s'appliquent au montant de la pension calculée :

5.1 Majoration pour 3 enfants et plus (10%)
Régime Taux de majoration Plafond 2026
CNAV/CARSAT (base) +10% dès 3 enfants Sans plafond
Agirc-Arrco +10% (Attention taux variable selon régime et acquisition des points) 2 367,48 €/an
Ircantec +10% dès 3 enfants Sans plafond
CNAVPL +10% dès 3 enfants Sans plafond

Condition commune : avoir élevé l'enfant pendant au moins 9 ans avant son 16e anniversaire.

5.2 Majoration pour enfant à charge (Agirc-Arrco uniquement)

Une majoration de 5% par enfant encore à charge au moment du départ en retraite s'applique sur la pension Agirc-Arrco.

Enfants concernés : moins de 18 ans, ou moins de 25 ans si étudiant/apprenti/demandeur d'emploi non indemnisé, ou invalide (invalidité constatée avant 21 ans)

Cette majoration est temporaire : elle cesse quand l'enfant n'est plus à charge.

Non-cumul Agirc-Arrco

Les majorations pour enfants nés/élevés (10%) et pour enfant à charge (5%) ne se cumulent pas. C'est la plus favorable qui est retenue.

6. La surcote parentale

Définition

La surcote parentale majore la pension de 1,25% par trimestre cotisé entre 63 ans et l'âge légal (64 ans), dans la limite de 5%, pour les parents ayant acquis au moins un trimestre au titre des enfants.

Conditions cumulatives :

  • Avoir atteint dès 63 ans la durée d'assurance requise pour le taux plein
  • Bénéficier d'au moins 1 trimestre de majoration parmi : maternité, éducation, adoption, enfant handicapé, congé parental
  • Continuer à cotiser entre 63 et 64 ans
Exemple : Marie, née le 15 janvier 1965, mère de 2 enfants

Marie atteint 170 trimestres à 63 ans. Elle a 4 trimestres maternité.

Elle travaille jusqu'à 64 ans, soit 4 trimestres supplémentaires.

Surcote parentale : 4 × 1,25% = +5% sur sa pension de base

Cette surcote ne se cumule pas avec la surcote classique de droit commun.

7. L'Assurance Vieillesse des Parents au Foyer (AVPF)

Les parents qui réduisent ou interrompent leur activité professionnelle pour élever leurs enfants peuvent bénéficier d'une affiliation gratuite à l'assurance vieillesse par la CAF.

Conditions principales :

  • Percevoir certaines prestations familiales (PAJE, Préparé, complément familial, etc.)
  • Respecter des conditions de ressources
  • Ne pas exercer d'activité professionnelle ou exercer à temps partiel

Ces trimestres AVPF apparaissent sur le relevé de carrière et sont distincts des majorations pour enfant.

8. Schéma récapitulatif : les mécanismes et leur impact

Mécanisme Effet Question
Trimestres MDA ↑ durée d'assurance (taux plein, décote)
+ NOUVEAU : carrière longue (2 trim.)
QUAND puis-je partir ?
Majoration 10% Augmente le montant de la pension (3 enfants et +) COMBIEN vais-je percevoir ?
Surcote parentale +1,25%/trim entre 63-64 ans (max 5%) Ai-je intérêt à travailler un peu plus ?
SAM modulé (LFSS 2026) 24 ou 23 meilleures années (au lieu de 25) Ma carrière hachée est-elle compensée ?

9. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. Les enfants peuvent agir sur la durée d'assurance ET sur le montant de la pension mais ce sont deux mécanismes distincts
  2. Depuis 2023, la surcote parentale offre un nouveau levier de valorisation pour les parents
  3. Les règles varient selon les régimes (base, complémentaire, fonction publique, libéraux)
  4. Le choix de répartition des trimestres éducation est définitif et doit être fait dans les 6 mois suivant le 4e anniversaire de l'enfant
  5. Aucun droit n'est automatique sans condition : vérifiez toujours votre relevé de carrière

Sources et références

Sources officielles :

Qu'est-ce que l'affiliation à un régime de retraite ?

Comprendre 14 min
Objectif de la fiche

Cette fiche clarifie une notion centrale et pourtant souvent invisible : l'affiliation. Beaucoup de difficultés en retraite ne viennent ni des trimestres, ni des points, mais d'une affiliation inexistante, tardive ou erronée.

1. L'affiliation : le point d'entrée de tous les droits

En droit de la retraite, l'affiliation correspond au rattachement juridique d'une personne à un régime de retraite, en fonction de son statut professionnel.

C'est ce rattachement qui permet :

  • l'enregistrement des périodes d'activité
  • la prise en compte des revenus
  • la validation de trimestres ou l'acquisition de points

2. Affiliation, cotisation, validation : trois notions distinctes

Ces trois notions sont souvent confondues, alors qu'elles répondent à des logiques différentes :

Notion Définition Question associée
AFFILIATION Rattachement à un régime À quel régime suis-je rattaché ?
COTISATION Sommes versées au régime Combien ai-je versé ?
VALIDATION Droits effectivement reconnus Combien de trimestres/points ai-je acquis ?

Il est donc possible :

  • d'être affilié sans cotiser (certaines périodes assimilées)
  • de cotiser sans valider de droits suffisants (revenus trop faibles)
  • de travailler sans être affilié correctement (travail non déclaré)

3. L'architecture du système de retraite français

Le système français compte environ 42 régimes de retraite. Chaque assuré est affilié à au moins deux régimes : un régime de base et un régime complémentaire.

Statut professionnel Régime de BASE Régime COMPLÉMENTAIRE
Salarié du privé CNAV (régime général) Agirc-Arrco – IRCANTEC (contractuels)
Salarié agricole MSA salariés Agirc-Arrco
Indépendant (artisan, commerçant) SSI (ex-RSI) via CNAV RCI
Exploitant agricole MSA MSA
Profession libérale CNAVPL Section professionnelle (CARMF, CIPAV, etc.)
Fonctionnaire d'État SRE (Service des retraites de l'État) RAFP
Fonctionnaire territorial/hospitalier CNRACL RAFP
Contractuel de la fonction publique CNAV (régime général) Ircantec
La LURA : Liquidation Unique des Régimes Alignés

Depuis le 1er juillet 2017, les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes « alignés » (CNAV, MSA salariés, SSI) bénéficient d'une liquidation unique.

Un seul régime verse la pension (le dernier régime d'affiliation) en cumulant tous les droits acquis.

Cette réforme simplifie les démarches mais ne modifie pas le principe d'affiliations successives au cours de la carrière.

4. L'affiliation dépend du statut professionnel

L'affiliation n'est pas un choix libre. Elle découle automatiquement du statut juridique de l'activité exercée.

Schéma : Comment se détermine l'affiliation ?

Quel est votre STATUT PROFESSIONNEL ?

Salarié ? Indépendant ? Libéral ? Fonctionnaire ? Agriculteur ?

AFFILIATION AUTOMATIQUE au régime correspondant

Enregistrement des périodes + Prise en compte des revenus + Validation des droits

Un changement de statut entraîne un changement d'affiliation, même sans interruption d'activité.

5. L'affiliation peut évoluer au cours de la carrière

Une carrière peut comporter :

  • plusieurs affiliations successives (changement de statut)
  • des affiliations simultanées (multi-activité, cumul d'emplois)
  • des périodes sans affiliation effective

Ces situations sont fréquentes lors de :

  • débuts ou fins d'activité
  • cumul d'emplois salarié et indépendant
  • changements de forme juridique d'entreprise
  • périodes d'activité à l'étranger
  • transitions professionnelles (reconversion)
À retenir

Le relevé de carrière reflète ces affiliations, pas uniquement les périodes travaillées.

C'est pourquoi il est essentiel de le consulter régulièrement pour vérifier que toutes les périodes sont correctement enregistrées.

6. Les conséquences d'une mauvaise affiliation

Une affiliation absente ou erronée peut entraîner :

  • des périodes manquantes sur le relevé de carrière
  • des trimestres non validés
  • des points inexistants en complémentaire
  • une mauvaise caisse compétente au moment de la liquidation
  • un retard dans le traitement du dossier de retraite
Attention

Ce n'est pas une question de CALCUL, mais une question de RATTACHEMENT JURIDIQUE INITIAL.

Une erreur d'affiliation est plus difficile à corriger qu'une erreur de report de salaire.

7. Fermeture des régimes spéciaux (réforme 2023)

La loi du 14 avril 2023 a prévu la fermeture de plusieurs régimes spéciaux aux nouveaux entrants à compter du 1er septembre 2023 :

  • SNCF, RATP, Industries électriques et gazières (IEG)
  • Banque de France, Clercs de notaires (CRPCEN)

Les nouveaux embauchés dans ces entreprises sont désormais affiliés au régime général (CNAV + Agirc-Arrco).

8. Comment vérifier son affiliation ?

Outil Accès Utilité
Relevé de carrière inter-régimes info-retraite.fr (dès 35 ans) Vue globale de tous vos régimes d'affiliation
Estimation indicative globale (EIG) Envoyée à partir de 55 ans Estimation du montant de pension + régimes
Entretien information retraite (EIR) Sur demande à partir de 45 ans Point personnalisé avec un expert
Mise à jour du relevé Service en ligne à partir de 55 ans Signaler les anomalies et transmettre justificatifs
Conseil pratique

Conservez tous vos justificatifs (bulletins de salaire, attestations Pôle emploi, contrats de travail) jusqu'à la liquidation de votre retraite.

Vérifiez votre relevé de carrière régulièrement, notamment après tout changement de situation professionnelle.

9. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. L'affiliation est le socle de tous les droits retraite : sans elle, aucun droit ne peut être constitué.
  2. Elle dépend du statut professionnel et s'applique automatiquement.
  3. Elle peut changer au cours de la carrière (affiliations successives ou simultanées).
  4. Cotiser ne suffit pas : il faut être correctement affilié au bon régime.
  5. Beaucoup d'anomalies sur les relevés de carrière trouvent leur origine dans une affiliation tardive ou erronée.
  6. La LURA (2017) simplifie la liquidation pour les polypensionnés des régimes alignés.

Sources et références

Sources officielles :

Le temps juridique de la retraite

Comprendre 16 min
Objectif de la fiche

Cette fiche explique le temps juridique de la retraite, c'est-à-dire les différentes phases durant lesquelles les droits se construisent, peuvent être modifiés, ou deviennent définitifs.

Comprendre cette temporalité est essentiel pour savoir quand agir et quand il est trop tard.

Elle permet d'éviter une erreur fréquente : croire qu'il sera toujours temps de corriger une situation.

1. La retraite n'est pas figée tout au long de la carrière

Contrairement à une idée répandue, les droits à la retraite ne sont pas figés dès leur acquisition. Pendant la carrière, les informations peuvent être complétées, corrigées ou requalifiées.

Définition

Le relevé de carrière est un document évolutif, il récapitule les droits acquis mais peut être modifié tant que la liquidation n'est pas intervenue.

Les raisons de cette évolutivité :

  • Déclarations tardives ou rectificatives des employeurs
  • Régularisations de cotisations
  • Prise en compte de périodes initialement non déclarées
  • Corrections d'erreurs d'affiliation
  • Validation de périodes (service militaire, maladie, chômage...)

2. Les quatre phases du temps juridique

PHASE 1
Droits en acquisition
(évolutifs)
PHASE 2
Droits projetés
(estimatifs)
PHASE 3
LIQUIDATION
(moment clé)
PHASE 4
Droits liquidés
(stabilisés)

3. Phase 1 : Les droits en cours d'acquisition

Tant que vous êtes en activité ou en situation reconnue (chômage, maladie, maternité...), les droits sont en cours de constitution.

Caractéristiques de cette phase :

  • Les droits dépendent des déclarations (employeurs, caisses, vous-même)
  • Certaines périodes peuvent manquer sur le relevé
  • Certaines données peuvent être provisoires
  • Des justificatifs peuvent être nécessaires ultérieurement
  • Les corrections sont possibles à tout moment
Conseil pratique

Vérifiez régulièrement votre relevé de carrière sur info-retraite.fr

Conservez tous vos justificatifs (bulletins de paie, attestations, certificats de travail) jusqu'à la liquidation de votre retraite.

4. Phase 2 : Les droits projetés (estimations)

Avant la retraite, plusieurs documents vous fournissent des estimations :

Document Quand ? Contenu
Relevé de situation individuelle (RIS) À partir de 35 ans Récapitulatif des droits acquis (trimestres, points)
Entretien information retraite (EIR) À partir de 45 ans (sur demande) Entretien personnalisé avec simulations
Estimation indicative globale (EIG) À partir de 55 ans, puis tous les 5 ans Estimation du montant de pension selon plusieurs âges de départ

Base légale : Article L.161-17 du Code de la sécurité sociale - Le droit à l'information retraite prévoit l'envoi de documents à titre de renseignement.

Attention - Absence de valeur juridique

Ces documents sont délivrés « à titre de renseignement ».

  • Les montants indiqués n'ont pas valeur d'engagement contractuel
  • Les estimations sont calculées sur la base de la réglementation en vigueur au jour du calcul et peuvent donc évoluer
  • Ils ne peuvent pas être opposés aux caisses de retraite lors de la liquidation

5. Phase 3 : La liquidation - le moment charnière

Définition juridique

La liquidation est l'acte juridique par lequel un assuré demande le calcul et le service de sa pension de retraite.

C'est le moment où :

  • Les droits sont définitivement arrêtés
  • Les paramètres de calcul sont figés (SAM, trimestres, taux)
  • La réglementation applicable est celle en vigueur à la date d'effet
  • La date d'effet de la pension est fixée

Conditions de la demande de liquidation :

  • La demande doit être déposée auprès de la caisse compétente
  • La date d'effet est nécessairement le 1er jour d'un mois ou d'un trimestre civil (selon le régime)
  • Elle ne peut être antérieure au dépôt de la demande
  • Il est recommandé de déposer sa demande 4 à 6 mois avant la date souhaitée
Point clé

Avant la liquidation, beaucoup de choses peuvent encore évoluer.

Après la liquidation, les marges de manœuvre se réduisent fortement.

6. Les effets juridiques de la liquidation

La liquidation produit plusieurs effets juridiques majeurs :

Effet Conséquence pratique
Cristallisation des paramètres Le SAM, le taux et la durée d'assurance ne peuvent plus être modifiés
Fin de l'acquisition de droits nouveaux Sauf cumul emploi-retraite libéralisé depuis 2023 (seconde liquidation possible)
Fixation de la réglementation applicable Les réformes postérieures ne s'appliquent pas à la pension déjà liquidée
Obligation de cesser l'activité Rupture du contrat de travail préalable (sauf exceptions du cumul)

7. Phase 4 : Les droits liquidés - stabilité encadrée

Une fois la retraite liquidée, le principe est celui de la stabilité des droits. Mais des corrections restent possibles dans certains cas limités.

Possibilités de révision selon les régimes :

Régime Révision possible
Régime général (CNAV) Erreur matérielle : à tout moment
Prescription trop-perçu : 2 ans (ou 5 ans en cas de fraude)
Fonction publique Erreur matérielle : à tout moment
Erreur de droit : 1 an après notification
Pension de réversion Cristallisation : 3 mois après liquidation des droits personnels
Distinction erreur matérielle / erreur de droit

Erreur matérielle : erreur de calcul, erreur de transcription, oubli d'une donnée = révisable à tout moment

Erreur de droit : mauvaise application d'une règle juridique = délai de révision limité (1 an pour la fonction publique)

8. Les recours possibles après liquidation

Même après liquidation, des voies de recours existent :

  • Recours amiable : Commission de recours amiable (CRA) de la caisse de retraite - délai : 2 mois après notification
  • Recours contentieux : Tribunal judiciaire (pôle social) pour le régime général - Tribunal administratif pour la fonction publique
  • Médiation : Médiateur de l'assurance retraite ou Défenseur des droits

9. Pourquoi comprendre que le temps juridique est déterminant

Ne pas comprendre cette temporalité conduit à :

  • Agir trop tard pour faire corriger une erreur sur le relevé de carrière
  • Négliger des régularisations possibles (rachat de trimestres, validation de périodes)
  • Prendre des décisions irréversibles sans en mesurer les conséquences
  • Se fier à des estimations comme si elles avaient valeur d'engagement
  • Manquer les délais de recours après notification
Le bon moment pour agir
Vérification du relevé de carrière Le plus tôt possible, idéalement à partir de 35 ans
Régularisations et rachats Avant la liquidation
Demande de liquidation 4 à 6 mois avant la date souhaitée
Recours après notification 2 mois maximum

10. Ce qu'il faut retenir

Points clés
  1. Les droits à la retraite évoluent tant qu'ils ne sont pas liquidés.
  2. Les estimations (RIS, EIG) sont délivrées à titre de renseignement et n'ont pas de valeur juridique opposable.
  3. La liquidation est le moment charnière qui fige l'essentiel des paramètres.
  4. Après liquidation, les possibilités de révision sont limitées et encadrées par des délais stricts.
  5. Les délais de recours sont courts : 2 mois après notification pour saisir la CRA.
  6. Comprendre cette temporalité permet d'anticiper et d'éviter des erreurs définitives.

Sources et références

Sources officielles :

Vérifier ma situation retraite

Comprendre 22 min

Une approche globale, pas régime par régime

En droit de la retraite, une situation n'est jamais appréciée par un seul régime. La retraite repose sur un ensemble de droits complémentaires qui doivent être vérifiés conjointement.

La pension de retraite se compose de :

  • Une retraite de base (trimestres, durée d'assurance, taux) - régime général CNAV/CARSAT, MSA, SSI ou CNAVPL selon le statut
  • Une ou plusieurs retraites complémentaires (points) - Agirc-Arrco pour les salariés, RCI pour les indépendants, CIPAV ou autres sections pour les professions libérales
Principe essentiel

Une vérification limitée à la retraite de base est insuffisante pour sécuriser une décision de départ.

Base et complémentaire doivent être vérifiées ensemble.

Schéma : Architecture du système de retraite français

SALARIÉS PRIVÉS INDÉPENDANTS (SSI) PROFESSIONS LIBÉRALES
BASE : CNAV/CARSAT (trimestres) BASE : SSI/CNAV (trimestres) BASE : CNAVPL (points)
COMPLÉMENTAIRE : Agirc-Arrco (points) COMPLÉMENTAIRE : RCI (points) COMPLÉMENTAIRE : CIPAV ou autre section (points)
Valeur point 2026 : 1,4386 € Valeur point RCI 2026 : 1,3850 € Valeur point CIPAV 2026 : 2,89 €

La méthode de vérification en 5 étapes

Cette méthode intègre base et complémentaire, avec une logique de preuve adaptée à chaque régime.

Étape 1 - Identifier tous les régimes concernés

La première étape consiste à identifier l'ensemble des régimes auxquels la carrière a donné lieu, tant en base qu'en complémentaire.

Situations possibles :

  • Carrière mono-régime (un seul statut tout au long de la vie professionnelle)
  • Carrière poly-pensionnée (plusieurs régimes successifs ou simultanés)
  • Carrière mixte (salarié + indépendant, public + privé, etc.)
Question clé

À quels régimes ai-je cotisé, en base ET en complémentaire ?

Outil pratique : Le compte retraite sur info-retraite.fr regroupe l'ensemble des droits acquis auprès de tous les régimes obligatoires.

Étape 2 - Vérifier le relevé de carrière ET les relevés de points

Le relevé de carrière (RIS - Relevé Individuel de Situation) constitue la clé d'entrée pour la retraite de base, mais il ne suffit jamais à lui seul.

Documents à vérifier selon le statut :

Statut Retraite de base Retraite complémentaire
Salarié privé Relevé individuel de situation (RIS) (lassuranceretraite.fr)
Trimestres et salaires
Relevé annuel de points (RAP) Agirc-Arrco (agirc-arrco.fr)
Points acquis
Indépendant SSI RIS (lassuranceretraite.fr)
Trimestres et revenus
Relevé RCI (secu-independants.fr)
Points
Profession libérale Relevé CNAVPL
Points de base
Relevé section (CIPAV, etc.)
Points complémentaires
Alerte

Une incohérence entre base et complémentaire est un signal d'alerte, même si les trimestres sont corrects.

Exemple : périodes présentes en base mais sans points correspondants en complémentaire.

Étape 3 - Qualifier les droits : trimestres d'un côté, points de l'autre

La vérification doit distinguer clairement la logique des trimestres (retraite de base des salariés et indépendants) et la logique des points (retraites complémentaires et base des libéraux).

TRIMESTRES (Retraite de base)
  • Conditionnent le TAUX de liquidation (50% = taux plein)
  • Conditionnent la DURÉE D'ASSURANCE
  • Conditionnent la DATE DE DÉPART possible
Validation 2026 : 1 803 € brut = 1 trimestre
(150 SMIC horaire brut)
POINTS (Retraites complémentaires)
  • Conditionnent le MONTANT de la pension complémentaire
  • Représentent une part significative (40-60%) de la pension globale
  • Peuvent subir décote/surcote selon l'âge de départ
Agirc-Arrco 2026 : coût achat point = 20,1877 €
Attention

Une carrière peut être juridiquement complète en trimestres MAIS déséquilibrée en points.

Les deux dimensions doivent être vérifiées conjointement.

Étape 4 - Adapter la logique de preuve selon le régime et le statut

La charge de la preuve ne porte pas sur les mêmes éléments selon le régime concerné. Les justificatifs à conserver et produire diffèrent.

Régime Éléments à justifier Documents probants
Retraite de base (salariés) Périodes d'activité, revenus soumis à cotisations, nature des trimestres Bulletins de salaire, contrats de travail, attestations Pôle Emploi, certificats militaires
Agirc-Arrco (salariés) Cohérence des points acquis, périodes cadre/non-cadre (avant 2019) Bulletins de salaire mentionnant les cotisations, attestations de points
SSI (indépendants) Revenus déclarés, concordance avec points attribués Déclarations de revenus, avis d'imposition, appels de cotisations URSSAF
CNAVPL (libéraux) Revenus déclarés, classe de cotisation, points acquis Appels de cotisations, attestations CNAVPL et/ou section professionnelle, déclarations fiscales
Principe

Une vérification partielle (base sans complémentaire) est juridiquement fragile et peut conduire à des décisions erronées.

Étape 5 - Mesurer les effets combinés sur la retraite globale

La dernière étape consiste à relier les droits vérifiés à leurs conséquences concrètes sur la pension totale.

Analyse à réaliser :

  • Accès ou non au taux plein - vérification du nombre de trimestres requis
  • Date de départ juridiquement possible - âge légal + trimestres
  • Niveau de retraite globale (base + complémentaire) - simulation du montant total
  • Équilibre entre les composantes - part base vs part complémentaire

Situations d'alerte fréquentes :

Situation identifiée Conséquence potentielle
Départ possible mais pension déséquilibrée Revenus insuffisants - intérêt à différer le départ
Taux plein atteint mais complémentaire faible Pension globale réduite - rechercher les anomalies
Droits complémentaires sous-estimés Perte financière - rectification possible
Périodes non déclarées en complémentaire Points manquants - régularisation à demander

Situations nécessitant une attention particulière

Une attention renforcée est nécessaire lorsque la carrière présente des particularités susceptibles de générer des anomalies, notamment dans les régimes complémentaires.

  • Périodes cadres ou assimilées (avant fusion Agirc-Arrco en 2019) - vérifier la conversion des points
  • Changements de statut (salarié vers indépendant, privé vers public, etc.) - vérifier la continuité des droits
  • Interruptions d'activité (chômage, maladie, congé parental) - vérifier l'attribution de points gratuits
  • Périodes à l'étranger - vérifier la prise en compte selon accords bilatéraux ou règlement européen
  • Revenus irréguliers ou plafonnés - vérifier l'impact sur les points acquis
  • Temps partiel avec surcotisation - vérifier que les points correspondent à 100% du temps

Message clé
Une retraite ne se vérifie pas à moitié.
Base et complémentaire doivent être sécurisées ensemble.

Sources et références

Sites officiels de référence :

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